La République Démocratique du Congo a décidé, le 20 septembre, de proroger jusqu’au 15 octobre 2025 la suspension temporaire de l’exportation du cobalt, qu’il soit issu de l’exploitation industrielle, semi-industrielle, artisanale ou à petite échelle. Cette mesure, qui prolonge une première prorogation de juin dernier, s’inscrit dans la volonté affichée de l’État congolais de reprendre la pleine maîtrise de son secteur minier, en particulier du cobalt, minerai stratégique au cœur de la transition énergétique mondiale.
Face à cette décision, la plateforme de la société civile, active dans le secteur minier a réagi avec fermeté.
« Nous prenons acte de la décision de l’État congolais. Certes, nous avions plaidé pour la levée de la mesure afin de permettre aux producteurs de commercialiser et à l’État de maximiser ses recettes. Mais nous reconnaissons la pertinence de la démarche visant à renforcer la souveraineté de la RDC sur son cobalt », a écrit l’organisation dans son communiqué de presse.
CASMIA-G ASBL se félicite également de l’instauration par l’ARECOMS d’un système de quotas d’exportation du cobalt.
« Cette mesure répond positivement à l’une de nos recommandations phares. Elle ne constitue pas seulement une mesure d’encadrement, mais une véritable mise en œuvre de la politique minière consacrée par l’article 7 bis du Code minier », insiste l’organisation.
L’ONG va plus loin en appelant à l’extension de ces mesures au coltan, un autre minerai stratégique qui continue de subir des exploitations illégales, notamment dans le territoire de Manono (Tanganyika), sans retombées significatives ni pour l’État ni pour les communautés locales.
Transformer localement : la clé du développement
Cette plateforme de la société civile exhorte par ailleurs l’État congolais à franchir une étape décisive, celle de transformer le cobalt sur place.
« La RDC ne peut plus se contenter d’être un simple fournisseur de matières premières. La transformation locale est la voie royale pour créer des emplois, ajouter de la valeur et assurer des revenus durables à notre nation », martèle l’organisation.
Toutefois, CASMIA-G ASBL dénonce avec vigueur les pratiques qui continuent de ternir la chaîne d’approvisionnement : corruption, trafic d’influence, invasion des sites miniers industriels, prolifération des dépôts d’achat improvisés.
« Tant que ces fléaux ne seront pas combattus avec fermeté, le cobalt congolais restera victime d’un système prédateur », alerte CASMIA-GASBL.
Ainsi pour y remédier, l’ONG propose des mesures urgentes notamment, la mise en service effective des centres de négoce, la disponibilité des zones d’exploitation artisanale, et soutien technique et financier renforcé à l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC).
Vers une nouvelle ère de souveraineté minière ?
La prorogation de la suspension de l’exportation du cobalt, combinée à l’introduction des quotas, marque une étape importante dans la réappropriation des ressources minières par la RDC. Mais pour CASMIA-G ASBL, seule une stratégie claire de transformation locale, adossée à une lutte implacable contre la corruption et les circuits parallèles, permettra à la nation congolaise de tirer pleinement profit de son « or bleu ».
Ben AKILI









