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Cobalt : l’ARECOMS durcit le ton avec une prorogation de la suspension et l’imposition d’une politique stricte de quotas

Le secteur du cobalt en République Démocratique du Congo (RDC) entre dans une nouvelle ère de rigueur réglementaire. Par sa Décision n°004/ARECOMS/2025 du 20 septembre, le Conseil d’Administration de l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Marchés des Substances Minérales Stratégiques (ARECOMS) a pris une série de mesures majeures qui redessinent profondément les règles du jeu pour tous les opérateurs miniers.

Au cœur de ces mesures, figure la prorogation de la suspension temporaire des exportations de cobalt congolais jusqu’au 15 octobre 2025. Une décision forte qui traduit la volonté de l’État congolais de mettre fin à l’anarchie commerciale et d’instaurer un contrôle rigoureux sur l’un des minéraux les plus stratégiques au monde.

Dès le 16 octobre 2025, l’exportation du cobalt sera de nouveau autorisée, mais sous un régime inédit et draconien de quotas. Cette politique vise à organiser le marché, préserver les intérêts de la RDC et assurer un partage équitable des bénéfices liés à l’essor de l’industrie mondiale des batteries et des énergies propres.

Les quotas seront strictement définis et encadrés par l’ARECOMS, avec des volumes plafonnés :

  • 18 125 tonnes pour le dernier trimestre 2025, dont 3 625 tonnes en octobre, puis 7 250 tonnes en novembre et décembre respectivement.
  • 96 600 tonnes pour l’année 2026, composées d’un quota de base de 87 000 tonnes réparties mensuellement (7 250 tonnes/mois) et d’un quota stratégique de 9 600 tonnes attribué discrétionnairement par l’ARECOMS.
  • Des volumes identiques prévus en 2027, sous réserve d’ajustements selon les dynamiques du marché et la capacité de transformation locale du cobalt en produits à forte valeur ajoutée.

Tout volume non utilisé sera réaffecté au quota stratégique d’ARECOMS, démontrant la fermeté de cette institution dans la gestion rationnelle des ressources.

La nouvelle politique exclut explicitement :

  • Les entreprises ayant exporté moins de 100 tonnes en 2024 (sauf l’Entreprise Générale du Cobalt – EGC).
  • Les raffineurs sans exploitation propre depuis cinq ans.
  • Les opérateurs dont les gisements sont épuisés.

L’ARECOMS se réserve en outre le droit de retirer les quotas attribués à toute société impliquée dans des pratiques irrégulières : traitement de minerais d’origine artisanale non autorisée, recours à des rejets miniers acquis illicitement, ou non-respect des lois en vigueur. Les contrevenants s’exposent donc à une exclusion immédiate du marché d’exportation.

Rigueur et souveraineté économique

Ces mesures, qui prennent effet dès le 21 septembre 2025, marquent un tournant historique dans la gouvernance minière de la RDC. Elles témoignent d’une volonté affirmée de l’État de protéger ses ressources stratégiques, d’imposer la transparence et de renforcer la souveraineté économique du pays face aux appétits mondiaux pour le cobalt.

Avec ce dispositif, l’ARECOMS impose une discipline de fer et se positionne comme un acteur incontournable dans l’organisation du marché mondial du cobalt, en veillant à ce que les retombées économiques bénéficient d’abord à la nation congolaise et à sa population.

Ben AKILI

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