Les tensions restent vives autour du Camp Capitaine Mahito, situé dans la commune du Lac à Kalemie, après la décision controversée des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) de redéfinir les limites de ce domaine militaire. Face aux inquiétudes grandissantes des résidents, une délégation mixte représentant les habitants a été reçue ce mardi au Quartier Général de la 22ᵉ Brigade de Réaction Rapide, sur la Colline d’État.
La rencontre, présidée par le commandant des opérations USALAMA, Colonel Munyalizi Alex, a été l’occasion d’aborder de front les accusations de spoliation, les craintes liées au retrait progressif des FARDC du site, ainsi que la présence jugée envahissante d’occupants illégaux.
En attendant une décision définitive de la hiérarchie militaire, le Colonel Munyalizi a insisté sur la nécessité d’une stricte discipline afin d’éviter tout débordement. Il a notamment annoncé :
- la suspension immédiate de tous travaux de construction sur le site,
- l’interdiction formelle de toute vente illicite de parcelles,
- l’identification systématique de tous les occupants,
- le respect des normes de vie en milieu militaire,
- la promotion d’une collaboration harmonieuse entre civils, militaires et commandement ainsi que l’interdiction de toute provocation, manifestation ou destruction volontaire.
« Nous appelons chacun à la retenue et au respect des mesures en vigueur, le camp demeure une propriété officielle des FARDC et toute tentative de contestation anarchique sera sanctionnée », a martelé l’officier.
Pour leur part, les représentants des résidents ont exprimé leur satisfaction à l’issue de ces échanges, tout en lançant un appel à l’apaisement. Ils ont rappelé que le Camp Capitaine Mahito reste inscrit au patrimoine du ministère de la Défense nationale, et qu’aucune initiative privée ne saurait en modifier le statut.
Ce bras de fer illustre les tensions récurrentes entre les militaires et les civils autour de la gestion foncière dans plusieurs villes du pays. À Kalemie, le camp Mahito, espace stratégique en bordure du lac Tanganyika, est au cœur d’enjeux multiples : sécurité, urbanisation, mais aussi spéculation foncière.
Alors que la population attend une décision claire de Kinshasa, l’appel au calme des FARDC apparaît comme un signal fort destiné à éviter l’escalade et à préserver une cohabitation pacifique entre civils et militaires.
Augustin Musambo









