Le vernis de l’unité au sein de l’Union Sacrée se fissure dangereusement. À l’Assemblée nationale, les tensions entre le Présidium et les députés pétitionnaires atteignent un niveau inédit. Au cœur de la tourmente, le sort des trois membres restants du Bureau visés par des pétitions, Jacques Djoli, Chimène PoliPoli et Grace Neema.
Selon plusieurs sources parlementaires, un haut cadre du Présidium de l’Union Sacrée aurait multiplié appels, injonctions et menaces voilées pour contraindre les pétitionnaires à renoncer à leur démarche. Mais loin de céder, ces derniers affichent une détermination ferme, celle d’aller jusqu’au vote pour « assumer leurs responsabilités devant la nation ».
Une telle radicalisation traduit le malaise profond qui traverse la majorité présidentielle. Alors que le discours officiel prône cohésion et discipline, la base parlementaire semble de plus en plus réfractaire aux consignes venues d’en haut.
L’affaire dépasse le simple sort de trois personnalités. Elle pose une question de fond. l’Union Sacrée peut-elle encore tenir comme bloc monolithique ? En interne, certains craignent une implosion progressive, alimentée par un sentiment de frustration des députés, accusant les chefs de se servir du collectif comme d’un bouclier pour protéger des figures contestées. Ce bras de fer n’est pas seulement institutionnel, il est aussi politique. Car derrière les pétitions se cachent des lignes de fracture sur la gouvernance du Bureau, la transparence et la légitimité d’une majorité construite à marche forcée après 2021.
Un test de vérité
En voulant étouffer le mouvement, le Présidium prend le risque d’alimenter une fronde plus vaste. Les pétitionnaires, eux, veulent transformer leur initiative en acte de rupture symbolique. Montrer qu’il existe encore une capacité d’opposition à l’intérieur même du camp présidentiel. Si le vote est maintenu, il révélera l’ampleur réelle du malaise et mesurera la loyauté de chaque élu. Si, au contraire, les pressions finissent par l’emporter, l’Union Sacrée ne sortira pas indemne de ce choc. L’image d’un bloc démocratique soudé serait définitivement écornée.
À l’heure où la RDC fait face à d’immenses défis sécuritaires et économiques, la majorité parlementaire s’offre le spectacle d’une guerre interne aux allures de règlement de comptes. L’Union Sacrée joue gros. Son autorité, sa crédibilité et peut-être même sa survie en tant que coalition dominante. La question demeure entière, tiendra-t-elle le choc ou sombrera-t-elle dans ses propres contradictions ? La question reste pendante.
Emmanuel Kamba









