Une alerte rouge sur l’environnement et la survie des communautés locales. L’ONG ADID, engagée dans la défense des droits humains, environnementaux et du développement communautaire en République Démocratique du Congo (RDC), tire la sonnette d’alarme face à une pollution d’une gravité alarmante dans le village de Chingwele, Chefferie de Muteba, Territoire de Sandoa, à seulement 35 kilomètres du centre de Sandoa.
En cause, les activités des entreprises UZO et AMANI, accusées de semer mort et désolation dans cette partie du Lualaba.
Selon les constats de l’ONG sur le terrain, les rivières Ruvulej, Mulond et Lulua sont aujourd’hui méconnaissables. L’eau, jadis source de vie, est devenue un vecteur de mort. L’on signale la mortalité massive de la faune aquatique, la disparition d’espèces endémiques, la migration forcée des poissons et la propagation de maladies hydriques (affections gastro-intestinales, dermatologiques, etc.) chez les populations riveraines.
La pollution ne se limite pas aux rivières. Les zones humides, les forêts riveraines et les terres arables sont gravement dégradées. Conséquence : la biodiversité s’effondre et les moyens de subsistance traditionnels pêche, agriculture, élevage sont anéantis.
À cela s’ajoute une hécatombe dans le cheptel bovin, victime d’épizooties causées par la consommation d’eaux contaminées. Une menace directe pour la sécurité alimentaire des communautés locales.
Le 25 septembre 2025, le Ministre provincial des Infrastructures, Moïse Kahilu Mukepe, a interpellé trois sujets chinois de l’entreprise UZO. Mais les activités illicites continuent sans relâche. La société AMANI a même repris son lavage de gravier, aggravant la catastrophe écologique.
Pire encore, ces entreprises opèrent dans l’illégalité totale. Aucune Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES), aucun permis d’exploitation et aucune mesure compensatoire en faveur des communautés.
Pendant ce temps, des dragues artisanales prolifèrent sur la rivière Lulua (au niveau du pont menacé d’effondrement), sur la Rov à Sandumoka, et à Tshitunga, libérant des métaux lourds comme le cadmium, hautement toxiques pour la santé humaine et animale.
Un écocide en marche
Les conséquences à long terme sont déjà visibles. Entre autres, la disparition progressive des ressources halieutiques, la chute dramatique de la production agricole la pollution des zones pastorales et la crise alimentaire imminente.
« Ce qui se passe à Sandoa n’est pas seulement une catastrophe écologique, c’est un crime contre les populations locales. Nous assistons à un véritable écocide orchestré par des entreprises prédatrices avec une complaisance coupable des autorités », dénonce l’ONG ADID dans un communiqué enflammé.
Un appel à la mobilisation nationale et internationale
Face à cette situation, l’ONG exige des autorités nationales et provinciales des mesures urgentes et fermes pour mettre fin à ces pratiques destructrices. Elle interpelle également les partenaires techniques et financiers, ainsi que l’ensemble de la société civile, à se lever pour protéger les ressources naturelles et défendre les droits des populations locales.
Ben AKILI









