Les députés nationaux du Lualaba refusent de rester indifférents face au drame social qui secoue l’Entreprise publique Kisenge Manganèse. Lundi 29 septembre, une délégation conduite par Alain Kantenga, président du caucus des élus de cette province, a rencontré le Directeur général, Yannick Sosongo, pour exiger des explications et surtout porter la voix des centaines de travailleurs abandonnés à leur sort.
Selon les précisions du DG Sosongo, Kisenge Manganèse a cessé toute activité industrielle depuis 1980. Quarante-quatre ans plus tard, la société survit seulement sur papier, mais traîne derrière elle un lourd passif humain : plus de 518 agents retraités cumulent plus de 200 mois d’arriérés de salaires. Une situation intenable qui a poussé les élus du Lualaba à tirer la sonnette d’alarme.
« Comprenez qu’il s’agit d’hommes et de femmes qui ont donné leur énergie et leur jeunesse pour cette entreprise. Aujourd’hui, ils sont condamnés à une retraite amère, privés de leurs droits légitimes », s’est indigné le député Alain Kantenga.
Les élus du Lualaba annoncent leur détermination à porter ce dossier au plus haut niveau de l’État. Ils comptent saisir le Président de la République afin que le calvaire de ces compatriotes soit entendu et que des solutions durables soient envisagées.
« Il n’est pas question d’abandonner ces travailleurs. Nous allons poursuivre nos démarches pour que la justice sociale soit rétablie », a martelé Kantenga, exprimant la solidarité de tout le caucus.
Appel au calme et mise en garde contre les manipulateurs
Conscients des tensions qui peuvent naître d’une telle situation, les députés appellent les retraités et leurs familles au calme, tout en leur demandant de garder confiance dans la démarche entamée. Dans le même temps, ils dénoncent l’attitude de certains « pêcheurs en eaux troubles » qui chercheraient à instrumentaliser le désespoir des travailleurs pour semer la confusion.

Une relance nécessaire
Au-delà des arriérés sociaux, les députés estiment que Kisenge Manganèse doit renaître. Ils appellent l’État congolais à investir dans cette entreprise, à l’instar d’autres sociétés du portefeuille de l’État qui ont connu une relance.
« Le Lualaba est une terre minière. Kisenge Manganèse peut redevenir un moteur économique et social si une volonté politique ferme se manifeste », ont-ils insisté.
Le message des élus est clair. Le silence et l’oubli ne sont plus tolérables. En se dressant pour Kisenge Manganèse, les députés nationaux du Lualaba veulent rappeler que la dignité des travailleurs congolais ne se négocie pas. Leur combat s’annonce ardu, mais ils disent être prêts à aller jusqu’au bout pour redonner de l’espoir à des centaines de familles qui vivent aujourd’hui dans l’ombre de cette entreprise en ruine.
Ben AKILI









