À moins de vingt-quatre heures de la rentrée parlementaire, le Kongo-Central est secoué par une véritable onde de choc politique. Vingt-trois des trente-neuf députés provinciaux ont officiellement signé une pétition pour exiger le départ immédiat du Bureau Mantezolo, accusé de corruption, de détournement de fonds et d’entrave aux activités parlementaires.
Dans un document implacable, les élus dénoncent des pratiques jugées inacceptables. Entrave systématique aux initiatives parlementaires, violations répétées des règles de passation des marchés publics notamment pour l’achat de véhicules et la construction du nouveau bâtiment de l’Assemblée provinciale, détournements de fonds alloués à l’achat de véhicules pour les honorables députés, et absence totale de traçabilité des sommes allouées à l’APK lors de la Conférence des Présidents des Assemblées Provinciales, avec plus de 200 millions de francs congolais non justifiés.
« Nous ne pouvons plus tolérer ces abus qui mettent en péril la crédibilité de notre institution. Notre engagement est clair, la transparence doit revenir au cœur de notre Assemblée », a déclaré le député provincial Muntu Lezi (UDPS/Tshisekedi), élu de Boma et porte-parole de cette initiative.
Le mouvement a reçu le soutien de figures emblématiques de l’Assemblée provinciale à savoir : Atou Matubuana, Guylain Panzu, Pierre Kabangu, Billy Ntunga et Omega Mbadu, renforçant ainsi la pression sur le Bureau Mantezolo. Selon plusieurs sources internes, les députés seraient prêts à aller jusqu’au retrait pur et simple du gouverneur Grâce Bilolo si leurs exigences ne sont pas prises en compte.
Cette crise survient alors que la Première ministre Judith Suminwa, originaire du Kongo-Central, entame une itinérance de travail dans la province. Sa présence pourrait peser lourd dans les décisions à venir, accentuant l’attention nationale sur ce bras de fer politique déjà tendu.
La détermination des députés est sans équivoque : il ne s’agit plus de simples avertissements, mais d’une révolte institutionnelle pour restaurer la gouvernance et la transparence au sein de l’Assemblée provinciale. Le Kongo-Central se trouve désormais à un tournant historique, où la lutte contre la corruption et l’opacité pourrait redéfinir le paysage politique de la province.
Le message est désormais clair. Le temps des compromissions est révolu. Les députés ont choisi la ligne de front, et personne ne pourra ignorer leur cri pour la justice et la transparence. Le Bureau Mantezolo, comme un château de cartes, pourrait bien s’effondrer à la première secousse.
Maxime Mbumba









