La décision de la Haute Cour Militaire de condamner à mort l’ancien président Joseph Kabila secoue la scène politique congolaise. Le verdict, prononcé sans preuves solides et alourdi d’obligations financières colossales, a provoqué une vague d’indignation. Pour Richard Muyej Mangez Mans, ancien gouverneur du Lualaba et figure influente du paysage politique, cette condamnation n’a rien d’un acte de justice. Elle est l’expression d’une mise en scène politique.
« Ce n’est pas un jugement, c’est un théâtre », a lancé Richard Muyej, visiblement indigné. « Nous assistons à une justice spectacle, une parodie où le verdict semble écrit d’avance. On ne cherche pas la vérité, on cherche à humilier.»
On condamne sans gloire
Muyej n’a pas mâché ses mots pour qualifier la sentence. S’appuyant sur la célèbre maxime de Corneille, il a dénoncé l’absence totale de légitimité morale du verdict.
« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Mais ici, c’est pire encore. On condamne sans preuve, donc sans gloire », a-t-il martelé.
Selon lui, ce procès illustre une dérive inquiétante et l’instrumentalisation de la justice au profit des intérêts du pouvoir.
« On transforme la justice en arme politique. C’est une honte nationale. Une justice qui condamne sans preuve n’élève pas la République, elle la déshonore », a ajouté l’ancien gouverneur démontrant que cette décision ne construit rien de durable. « Les pratiques qui s’installent aujourd’hui corruption, mensonge, manipulation ne bâtissent pas un État. Elles avilissent l’homme, elles discréditent nos institutions et elles font reculer notre démocratie.»
Il met en garde contre une illusion de victoire que tente d’ériger le pouvoir en place. « Ce jugement n’est qu’une façade fragile, une illusion d’autorité qui finira par s’effondrer », affirme-t-il.
Au-delà du cas Kabila, Richard Muyej appelle à une refondation morale du système politique congolais.
« Après 65 ans d’indépendance, notre défi n’est plus seulement économique ou institutionnel. Il est avant tout éthique. L’accès aux hautes fonctions de l’État doit être conditionné par l’intégrité, la probité et le sens du bien commun. Sans cela, nous resterons prisonniers de la ruse et de la fourberie », a-t-il déclaré.
Dans son cri d’alarme, Muyej exhorte les Congolais à refuser la résignation et à défendre la justice véritable. « L’Histoire ne retiendra pas les condamnations politiques, mais la capacité d’un peuple à défendre la vérité et la justice. Ensemble, nous devons sauver le Congo.»
Richard Muyej avertit pour dire : « une justice qui condamne sans preuves n’enterre pas seulement un homme, elle enterre la confiance d’un peuple. Et sans confiance, aucune nation ne peut tenir debout.»
Patient Mukuna









