L’indignation est à son comble dans le monde des médias congolais. L’Association des Journalistes et Éditeurs Indépendants du Congo (AJEIC), section Grand Katanga, dénonce avec la plus grande fermeté l’agression ignoble dont ont été victimes trois journalistes à Kalemie à savoir : Lusinga Maloba Alphonse, Roch Armel et François Ototo.
Les faits se sont produits le vendredi 24 octobre au stade Joseph Kabila Kabange de Kalemie, lors du match de Ligue 1 Illico Cash opposant le FC Tanganyika à Lubumbashi Sport. Alors qu’ils assuraient la couverture médiatique de la rencontre, ces journalistes ont été violemment pris à partie par le chauffeur du gouverneur du Tanganyika, un acte d’une brutalité inqualifiable et indigne d’un État de droit.
« C’est une humiliation pour toute la presse congolaise », a déclaré, profondément outrée, la coordination de l’AJEIC Grand Katanga dans un communiqué officiel.
L’organisation fustige un acte d’intimidation flagrant visant à museler les professionnels des médias qui ne faisaient que leur travail dans le strict respect de la déontologie journalistique.
Selon plusieurs témoins, l’agresseur identifié comme le chauffeur du gouverneur provincial du Tanganyika, aurait reproché aux journalistes leur présence sur le terrain avant de s’en prendre physiquement à eux, les rouant de coups et les humiliant publiquement.
Face à cet incident d’une extrême gravité, l’AJEIC Grand Katanga :
- Exige des sanctions exemplaires contre l’auteur de cette agression ;
- Appelle les autorités provinciales et nationales à garantir la sécurité et la dignité des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions ;
- Réaffirme son attachement indéfectible à la liberté de la presse, principe sacré et non négociable dans une démocratie.
« La violence contre un seul journaliste est une atteinte à toute la profession. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette dérive », martèle un responsable de l’AJEIC.
L’association exprime sa solidarité totale avec les confrères agressés, tout en rappelant que la liberté de la presse et le droit à l’information sont garantis par la Constitution de la République Démocratique du Congo. Elle exhorte le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l’impunité dont jouissent souvent les auteurs de violences contre les journalistes, en particulier dans les provinces.
« La presse n’est pas l’ennemie du pouvoir. Elle en est la conscience », souligne l’AJEIC dans sa déclaration.
L’agression de Kalemie, selon plusieurs observateurs, vient raviver le débat sur la sécurité des journalistes en RDC, dans un contexte où les intimidations, arrestations arbitraires et violences physiques se multiplient sur le terrain.
Ce geste barbare, commis par un proche du gouverneur du Tanganyika, n’est pas un incident isolé. Il est l’expression brutale d’une culture d’impunité qui cherche à réduire au silence ceux qui informent. L’AJEIC demande par ailleurs que la justice frappe vite et fort, que des sanctions exemplaires soient prononcées et que le gouverneur rende des comptes pour les actes commis par son entourage. Tant que la parole des journalistes pourra être étouffée par la violence et l’arrogance du pouvoir, la démocratie restera gravement mutilée.
L’AJEIC Grand Katanga prévient qu’elle ne laissera pas passer cette humiliation car dit-elle, la liberté de la presse n’est ni négociable ni intimidée.
Maxime Mbumba









