La tension monte à Lubumbashi après le déversement des eaux polluées par la société minière CDM dans le quartier Kasapa, un incident aux conséquences écologiques et sanitaires alarmantes. Face à la gravité de la situation, le Ministre national des Mines a pris une décision salutaire, celle de la suspension des activités de CDM pour une durée de trois mois, le temps de faire la lumière sur les dégâts environnementaux causés.
Cette mesure est accueillie avec soulagement et espoir par la société civile, notamment CASMIA-G Asbl, qui a adressé une lettre urgente à la Ministre nationale de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat, avec copie à son collègue des Mines. L’organisation y exige l’ouverture immédiate d’un audit environnemental sur les impacts de CDM, ainsi que la publication intégrale des résultats, conformément à la législation congolaise.
“Il y a urgence à agir pour sauver des vies en danger. Les communautés locales de Kasapa vivent aujourd’hui dans la peur, au milieu d’une eau souillée et d’un environnement gravement dégradé”, alerte CASMIA-G.
CASMIA-G insiste sur la nécessité pour CDM de présenter son Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) ainsi que son Plan de Gestion Environnemental et Social (PGES), deux documents censés garantir la conformité de ses activités avec les normes environnementales.
Selon l’organisation, la société doit assumer pleinement ses responsabilités : indemniser les communautés affectées, restaurer les zones polluées et réhabiliter les milieux aquatiques et terrestres détruits.
“La loi doit s’appliquer à tous, sans privilège pour les pollueurs. Les dégâts causés à Kasapa ne peuvent rester impunis”, poursuit CASMIA-G, appelant à une enquête sérieuse, honnête et inclusive menée conjointement par l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE) et la Direction de Protection de l’Environnement Minier (DPEM), avec la participation active des ONG et des populations locales.
Un signal fort des autorités
L’arrivée sur le terrain de Monsieur Louis Watum Kabamba, Ministre national des Mines, a été saluée par les habitants et la société civile. Sa promptitude à intervenir témoigne d’une volonté politique de rompre avec l’impunité environnementale.
“C’est un geste fort et salutaire, mais il doit être suivi d’actes concrets et durables. Il ne s’agit pas seulement de suspendre pour trois mois, mais de repenser la gouvernance environnementale dans le secteur minier”, souligne CASMIA-G.
L’organisation appelle également à la vigilance contre toute tentative de corruption, de manipulation ou de trafic d’influence qui pourrait compromettre les résultats de l’audit.
“Toute manœuvre visant à étouffer la vérité doit être dénoncée et sévèrement punie. Les vies humaines et la santé de l’environnement valent plus que les profits miniers”, martèle le communiqué.
Ce drame écologique remet sur la table la question cruciale de la responsabilité environnementale des entreprises minières opérant en RDC. La pollution de Kasapa n’est pas un incident isolé : elle illustre un modèle d’exploitation irresponsable où les communautés locales sont les premières victimes d’un développement minier sans garde-fous. Pour CASMIA-G, cette affaire doit servir d’électrochoc.
Bref, la RDC ne peut pas construire son avenir sur la destruction de son environnement. L’État doit imposer aux entreprises minières une véritable culture de redevabilité écologique.
Patient Mukuna









