À Belém, au Brésil, le Sommet mondial des leaders sur le climat s’est clôturé ce vendredi 7 novembre, en marge de la COP30. Une fois encore, les promesses ont fleuri, les appels à la justice climatique se sont multipliés… mais les réalités, elles, demeurent inchangées. En République démocratique du Congo, “pays-solution”, la forêt se meurt sous les coups de la corruption, des permis miniers et des contradictions politiques.
Le président congolais Félix Tshisekedi a prononcé un discours poignant devant les chefs d’État et les organisations internationales réunis à Belém.
“Belém est un message. La crise climatique n’est pas seulement une crise environnementale, mais également une crise de justice et d’équité”, a-t-il déclaré, avant d’ajouter : “Ceux qui ont le moins contribué au dérèglement climatique paient aujourd’hui le prix le plus lourd… J’en appelle à un rééquilibrage entre le financement de l’atténuation et de l’adaptation.”
Des mots justes, portés par une indignation légitime. Le chef de l’État a même dénoncé l’“écocide” que représente l’agression armée à l’Est du pays, évoquant la destruction des forêts et des aires protégées par les groupes armés et les activités minières illégales.
“Mon pays comprend la pleine portée de l’initiative visant à reconnaître l’écocide comme crime international autonome”, a-t-il insisté, en référence à la démarche du Vanuatu, de Fidji et de Samoa.
Des mots forts, mais des actes faibles
Pourtant, derrière la rhétorique écologique, la réalité congolaise reste entachée de contradictions. Les propos du chef de l’État sonnent creux pour nombre d’observateurs.
“Il est paradoxal de se présenter comme ‘pays-solution’ face à la crise climatique et de continuer, dans le même temps, à octroyer des permis d’exploitation minière dans des aires protégées. La crédibilité se construit dans la cohérence entre les discours et les actes”, a fustigé Pacifique Madibi, expert en gouvernance environnementale.
Même son de cloche du côté d’Eugène Salumu, militant écologiste.
“C’est un discours manipulateur et mensonger. Ce qui dévaste durablement nos forêts, ce n’est pas la guerre, mais la signature de titres forestiers et miniers à des entreprises prédatrices. Profiter de chaque tribune pour se plaindre devient ridicule.”

Des sommets climatiques qui n’accouchent que de promesses
Chaque année, ces grands rendez-vous mondiaux sur le climat s’achèvent sur des déclarations solennelles, sans impacts concrets pour les peuples qui en subissent les effets. Les promesses de financement climatique se comptent par milliards, mais l’argent, lui, n’arrive jamais là où il est le plus attendu, c’est-à-dire auprès des communautés locales qui subissent inondations, érosions et insécurité alimentaire.
La RDC, pourtant détentrice du deuxième plus grand bassin forestier de la planète, continue de quémander des financements pendant que ses ressources sont pillées, ses forêts abattues et ses rivières polluées par des sociétés minières souvent protégées par l’impunité.
Emmanuel Kamba









