La tension monte autour de l’affaire du déversement des eaux polluées provenant du bassin de rétention de la société CDM à Lubumbashi. Face au silence et aux démarches jugées confuses des autorités, CASMIA-G ASBL brise une nouvelle fois le mutisme et appelle à une action urgente pour sauver l’image du pays et faire respecter la loi.
Dans un communiqué ferme publié le lundi 10 novembre, l’organisation se dit vivement préoccupée par la tournure inquiétante que prend le dossier, notamment après l’intervention du Conseiller du Chef de l’État en charge de l’Environnement, récemment dépêché sur le terrain. Ce dernier avait confirmé sur les ondes de Top Congo FM avoir été mandaté pour « s’enquérir de la situation », tout en précisant que la primeur des conclusions revenait au Président de la République. Une déclaration qui, selon CASMIA-G, jette le trouble sur la répartition des compétences institutionnelles et risque d’alimenter des soupçons d’empiètement administratif.
L’ONG rappelle qu’à peine quarante-huit heures avant cette mission présidentielle, le ministre national des Mines, autorité compétente en matière de régulation du secteur, s’était rendu sur les lieux de l’incident. Il avait alors suspendu les activités de CDM pour trois mois, le temps que les enquêtes déterminent les responsabilités exactes dans cette pollution qui a envahi les quartiers Kasapa et Kamatete.
« L’empressement avec lequel cette affaire évolue risque de donner l’impression qu’il y a anguille sous roche », prévient CASMIA-G, qui interpelle directement le Directeur de Cabinet du Chef de l’État pour restaurer l’ordre et garantir la bonne gouvernance dans la gestion du dossier.
L’ONG rappelle à juste titre que la compétence est d’attribution en droit administratif, ni un conseiller, ni un autre service public n’est habilité à poser des actes dans le secteur minier, déjà encadré par les articles 8 à 16 du Code minier. De même, la loi n°11/001 du 9 juillet 2011 sur la protection de l’environnement n’accorde aucun mandat opérationnel à un conseiller de la Présidence pour intervenir directement sur le terrain.
CASMIA-G exige donc que les services compétents sous la supervision du ministère des Mines poursuivent leurs investigations « sans aucune interférence politique ni institutionnelle ». L’organisation plaide pour une communication publique des résultats des enquêtes afin de restaurer la confiance entre l’État, les entreprises minières et les communautés locales.
Pour elle, le cas CDM n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. La dégradation continue de l’environnement et le mépris du sort des populations riveraines dans les provinces de l’ex-Katanga.
« L’État ne peut plus feindre d’ignorer les cris de détresse des communautés affectées. Les rivières, l’air, les forêts et les terres agricoles sont chaque jour sacrifiés sur l’autel du profit », dénonce l’ONG, pointant du doigt la complicité passive de certains services de l’État.
Justice environnementale et réparations exigées
CASMIA-G ASBL appelle l’entreprise CDM à prendre des mesures urgentes pour réparer les dégâts écologiques, indemniser les victimes, et restaurer les milieux affectés. Elle exhorte les populations concernées à « rester vigilantes et à réclamer une réparation juste, conformément à la loi ».
Ben AKILI





