C’est une indignation profonde que suscite la récente révélation autour de l’accord de Washington, signé le 27 juin 2025 entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sous la médiation des États-Unis. Selon Maître Didier Bitaki, analyste indépendant et chercheur en politique internationale et région des Grands Lacs, cet accord représente une véritable hypothèque sur la souveraineté congolaise.
Après près de trois mois de négociations à Washington, la RDC a paraphé un document que l’analyste qualifie de “totalement déséquilibré”, car il ignore l’occupation d’une partie du territoire congolais par le Rwanda et contraint Kinshasa à négocier avec des rebelles au service d’intérêts étrangers.
“C’est un accord qui fait commerce du territoire congolais”, dénonce Bitaki. Selon toujours, le texte ne reflète aucunement les priorités nationales qui auraient dû guider la position congolaise, notamment : la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, le retrait immédiat et inconditionnel des troupes étrangères, la dissolution et le désarmement du M23/AFC, la création d’une cour internationale pour juger les crimes commis contre la RDC ou encore la mise en place d’un mécanisme d’indemnisation des victimes de l’agression rwandaise.
Une diplomatie sans lucidité
Pour Didier Bitaki, la RDC semble avoir été absente lors de la rédaction de cet accord. “On a signé un texte qui ne parle pas de nous, ni pour nous”, regrette-t-il. Le document, négocié dans l’ombre d’une superpuissance “acquise à la cause de Kigali”, contraint la RDC à exécuter des engagements irréalistes, voire dangereux, au nom d’une paix imposée de l’extérieur.
Des clauses suicidaires
L’accord de Washington engage Kinshasa à des concessions jugées inacceptables, comme par exemple : l’impossibilité de désarmer les FDLR sans coopération rwandaise, la reconnaissance tacite de zones occupées par le Rwanda, le partage des ressources naturelles sous couvert “d’intégration régionale” et surtout, le retour massif de prétendus réfugiés rwandais, ouvrant la voie à une infiltration démographique programmée.
“C’est une reddition diplomatique maquillée en traité de paix”, s’indigne Bitaki. “Le Rwanda se retrouve dans la posture du pyromane devenu pompier, pendant que la RDC s’enchaîne elle-même à un accord qu’elle ne pourra jamais exécuter.”
Le cadeau empoisonné de Thérèse Kaikwamba
Pour l’analyste, la responsabilité de cette débâcle incombe à Thérèse Kaikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères, qui a représenté la RDC à la table des négociations.
“Elle a remis au Président de la République un véritable cadeau empoisonné”, accuse-t-il.
En signant un accord mal ficelé et manifestement défavorable à la nation, la cheffe de la diplomatie congolaise a, selon Bitaki, trahi la République.
Face à ce qu’il qualifie de “piège diplomatique”, Bitaki appelle le gouvernement à un sursaut de souveraineté.
“La RDC doit refuser de céder à la pression internationale. Soit elle applique cet accord et renonce à son indépendance, soit elle s’en retire avec dignité et exige un nouveau cadre de discussion sous la conduite d’acteurs impartiaux.”
Pour lui, le moment est venu de rompre avec la naïveté diplomatique et de défendre, enfin, la souveraineté nationale sans concession.
La Rédaction









