Le président du conseil d’administration du Cadastre minier (CAMI), Crispin Mbindule Mitono, a annoncé ce mercredi 12 novembre à Mbuji-Mayi, le lancement d’une vaste opération de vérification des permis de recherche et d’exploitation dans la province du Kasaï Oriental, une initiative stratégique destinée à assainir et restaurer la crédibilité du secteur minier congolais.
Reçu par le gouverneur intérimaire, le Dr Daniel Kazadi Tshilumbayi, le PCA du CAMI a affirmé que cette mission s’inscrit dans le cadre d’une tournée nationale de contrôle et d’évaluation des titres miniers afin d’assurer une meilleure gouvernance du domaine minier.
« Nous sommes ici à Mbuji-Mayi dans le cadre d’une mission officielle du Cadastre minier. Nous voulons vérifier nos clients, ceux qui détiennent des permis de recherche, d’exploitation ou encore des permis de petites mines. Le Cadastre minier gère le domaine minier national, et il est de notre devoir d’en garantir la transparence et la légalité », a déclaré M. Mbindule Mitono.
Le PCA a également évoqué la possibilité d’implanter une antenne permanente du Cadastre minier dans le Kasaï-Oriental, une province au potentiel minier historique mais longtemps négligée.
« Le Code minier prévoit que le Cadastre s’installe là où il existe une concentration minière. Or, le Kasaï-Oriental, bien connu pour son diamant, regorge aussi d’autres minerais encore sous-exploités. Nous sommes ici pour évaluer la faisabilité de l’installation d’un Cadastre de proximité afin d’assurer une gestion plus rigoureuse et plus proche des opérateurs », a-t-il expliqué.
Cette approche vise non seulement à mieux encadrer les activités minières, mais aussi à renforcer la présence de l’État dans une province stratégique, marquée par la coexistence de la MIBA et de multiples exploitants artisanaux souvent non encadrés.
Une mission saluée par les autorités provinciales
Au cours de leur entretien, le gouverneur intérimaire a exprimé son soutien total à cette initiative, qu’il a qualifiée de « nécessaire et opportune » pour le développement du secteur.
« Le gouverneur nous a encouragés à accélérer le processus d’installation du Cadastre minier ici, et à visiter les zones d’exploitation artisanale à Kabeya Kamwanga et Miabi », a indiqué Crispin Mbindule.
Le PCA s’est dit particulièrement satisfait de la stabilité sécuritaire qui règne actuellement dans la province, un atout majeur pour attirer les investisseurs et relancer la production.
« En tant que député national élu de Butembo, je mesure la chance que vous avez ici. Là-bas, c’est le M23 qui fait la loi. Ici, la sécurité se porte bien, et cela mérite d’être salué. Je félicite les autorités provinciales et le Chef de l’État, qui demeure le garant de la sécurité nationale », a-t-il souligné.
À travers cette initiative, Crispin Mbindule Mitono entend imposer une nouvelle culture de responsabilité et de redevabilité dans la gestion des ressources naturelles. Sa mission dans le Kasaï Oriental traduit la volonté du Cadastre minier de tourner la page des irrégularités, de l’opacité et du laisser-faire qui ont longtemps miné le secteur.
En renforçant le contrôle des titres miniers et en rapprochant l’administration des opérateurs, le CAMI veut rétablir la confiance entre l’État, les entreprises et les communautés locales.
« Le secteur minier congolais ne doit plus être synonyme de désordre. Il doit redevenir un pilier de fierté nationale et de prospérité pour nos populations », a conclu le PCA, déterminé à faire du Kasaï Oriental un modèle de gouvernance minière responsable.
Au-delà d’une simple mission administrative, la démarche de Crispin Bindule sonne comme un signal fort : celui d’une nouvelle ère de responsabilité minière. Dans un pays où les richesses du sous-sol ont souvent été source de tensions et de convoitises, le Cadastre minier entend désormais faire du Kasaï Oriental le symbole d’une exploitation équitable, transparente et souveraine.
Parce qu’en restaurant la rigueur dans la gestion des permis, c’est la confiance qu’on restaure, la loi qu’on renforce et la dignité nationale qu’on réhabilite.
Ben AKILI









