À Kinshasa, la peur monte dans le quartier Badiadingi, commune de Selembao. Une tête d’érosion, réveillée par la pluie torrentielle tombée dans la nuit de mardi à ce mercredi, avance à une vitesse alarmante sur l’avenue Putu Mpanzu, menaçant directement deux infrastructures stratégiques : une cabine électrique de la Société nationale d’électricité (SNEL) et un poste de police encore en construction.
« La situation devient critique. L’érosion est désormais à moins de cinquante mètres de la cabine et du bâtiment de la police. Si rien n’est fait dans les prochains jours, tout risque de s’effondrer », alerte Chadrack Ndundu, notable du quartier, visiblement inquiet.
Le site menacé se trouve à proximité du mur que les habitants appellent familièrement “Doudou”, un repère bien connu des riverains. C’est précisément à cet endroit que le ministre provincial de l’Intérieur et le bourgmestre de Selembao étaient récemment venus procéder à l’installation officielle du nouveau poste de police, symbole de la présence de l’État dans ce quartier longtemps oublié des autorités. Mais aujourd’hui, cette présence symbolique est en danger.
« Nous avons peur, vraiment peur ! », confie une habitante, les yeux rivés sur le gouffre qui s’élargit jour après jour. « Quand il pleut, on ne dort plus. On se demande si au matin, la terre ne va pas tout emporter.»
L’érosion, véritable fléau à Kinshasa, continue de ronger les collines fragilisées par le manque d’aménagement urbain et l’occupation anarchique des terrains. À Selembao, comme dans plusieurs autres communes périphériques, la moindre pluie se transforme en cauchemar pour les habitants, livrés à eux-mêmes face à la furie de la nature.
Les riverains appellent à une intervention urgente du gouvernement provincial et du ministère des Infrastructures. « Il faut sauver ce poste de police, il faut sauver la cabine électrique, mais surtout, il faut sauver nos vies », implore un jeune du quartier, pelle à la main, tentant vainement de creuser des tranchées pour dévier les eaux de ruissellement.
Si rien n’est fait rapidement, préviennent les habitants, la prochaine pluie pourrait bien transformer cette partie de l’avenue Putu Mpanzu en un champ de ruines.
Grâce Mukoj









