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Affaire Tondo à Kolwezi : entre enjeux miniers, sécurité nationale et bataille juridique, le Groupe Ledya revendique la légalité et monte au front

Sur le site de Tondo, à Kolwezi, dans la province du Lualaba, les événements survenus depuis le 1er décembre 2024 continuent de provoquer un séisme politique, économique et sécuritaire. Ce jour-là, des centaines de creuseurs artisanaux envahissent la concession minière de la société CMT, filiale du Groupe Ledya. Pour l’entreprise, il ne s’agit pas d’une simple intrusion, c’est une violation grave, un acte organisé qui met directement en péril ses opérations et la sécurité du personnel.

Les dégâts relevés sur place parlent d’eux-mêmes : un pan de mur effondré, du matériel réduit en miettes, un laboratoire entièrement saccagé et des agents évacués sous choc.

La direction de CMT évoque sans détour un sabotage prémédité, destiné à perturber la chaîne de production et à ouvrir la voie à une exploitation clandestine des minerais stratégiques présents sur le site.

Face à cette situation explosive, le Groupe Ledya choisit de saisir les autorités compétentes, notamment l’Agence nationale des renseignements (ANR). Une démarche contestée dans certains milieux, accusant la société d’avoir “instrumentalisé” les services de l’État. Insinuations que balaie l’avocat du Groupe, Maître Christian.

« L’invasion du site de Tondo dépasse le cadre d’un simple litige économique. Nous parlons ici d’un problème de sécurité nationale. Les minerais extraits illégalement alimentent des circuits opaques, parfois gérés par des ressortissants étrangers. C’est notre devoir de protéger la légalité, nos travailleurs et les intérêts du pays », a-t-il fait savoir.

Selon l’entreprise, la saisine de l’ANR répond à une obligation, celle de préserver la souveraineté minière et empêcher que des matières stratégiques quittent le pays par des voies illégales.

Le 10 décembre 2024, une commission mixte dépêchée par le gouvernement provincial du Lualaba se rend sur les lieux. Conduite par le cabinet de la Gouverneure Fifi Masuka, elle rappelle aux creuseurs la nécessité de s’organiser en coopératives reconnues. Mais la situation reste hors contrôle. Les sites de Nyoka, Tshipuki et Tshabula demeurent occupés.

Plusieurs sources locales dénoncent une exploitation sauvage alimentant des dépôts illégaux appartenant à des sujets chinois. Au cœur de ce désordre, Ledya insiste sur ses titres miniers qui sont valides, ses obligations légales soient respectées, et sa coopération avec la justice totale.

Le 12 décembre, M. Tshivunda Kapepa Jean Masudi, président des creuseurs artisanaux, est arrêté par l’ANR. Une mesure qui déclenche une vague de critiques, certains y voyant une manœuvre orchestrée par le Groupe Ledya. Là encore, l’entreprise réagit fermement.

« CMT ne s’immisce pas dans les décisions souveraines des services de l’État. Nous n’avons ni demandé, ni influencé cette arrestation », martèle le Groupe Ledya.

Des sources proches du dossier évoquent un ordre émanant du gouvernorat du Lualaba, une information que CMT dit ne pas pouvoir confirmer.

En parallèle à la tempête, le Groupe Ledya poursuit un programme structuré. Délocalisation des zones sensibles, sondages pour relancer les opérations, mesures renforcées de sécurité,
engagement avec les communautés locales. Ce plan, amorcé avant la crise, vise à restaurer un climat apaisé et à garantir une exploitation minière conforme aux standards techniques et légaux.

Des accusations sur les titres miniers : Ledya demande la vérité, pas la polémique. Certains affirment que les carrés miniers auraient été “acquis de façon régulière ou pas”, et le Groupe Ledya réplique sèchement : « Nos titres sont clairs, opposables et reconnus par les autorités compétentes. Toute personne mettant cela en doute n’a qu’à saisir la justice. Nous n’avons rien à cacher.» Et l’entreprise appelle à la transparence totale pour mettre fin aux insinuations.

Ainsi l’affaire Tondo révèle l’ampleur des tensions entre entreprises, creuseurs artisanaux, autorités et réseaux clandestins. Entre droit minier, sécurité et enjeux économiques majeurs, le dossier reste complexe. Mais sur un point, le Groupe Ledya ne transige pas : « La légalité avant tout. La concession sera protégée, les travailleurs sécurisés, et les opérations rétablies. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout.»

En attendant les conclusions de la justice, l’entreprise assure rester confiante dans le triomphe du droit et la restauration de l’ordre sur ses concessions.

Ben AKILI

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