À Luanda, le Président de la République Félix Tshisekedi a marqué de son empreinte le 7ᵉ Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement Union européenne Union africaine, tenu ce lundi en Angola. Sous le thème évocateur «Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif», le Chef de l’État congolais s’est présenté non seulement comme un acteur engagé, mais surtout comme l’une des voix les plus lucides et exigeantes du continent.
Dès son intervention, Félix Tshisekedi a planté un décor sans complaisance, rappelant que l’heure n’était plus aux discours convenus mais à un examen de conscience collectif.
« Ce sommet est un moment de bilan… un moment de vérité… un moment de projection », a-t-il martelé, invitant les deux continents à mesurer l’écart entre les ambitions affichées et les effets concrets ressentis par les populations.

Le Président congolais a insisté sur la nécessité de corriger, repenser et parfois refonder les bases d’un partenariat souvent jugé déséquilibré. Un appel direct à l’Europe pour un multilatéralisme qui ne soit plus un slogan, mais un mécanisme réellement mutuel, transparent et respectueux des souverainetés africaines.
Mais c’est surtout sur la question de la paix et de la sécurité que Félix Tshisekedi s’est montré le plus incisif. « Si nous voulons parler de prospérité, de mobilité, de commerce et d’investissement, nous devons d’abord regarder en face la réalité qui frappe encore trop de régions de notre continent », a rappelé le Chef de l’État, plaçant la sécurité comme fondement non négociable de tout projet de développement.
Dans une région comme l’Afrique centrale et dans un pays comme la RDC, où les défis sécuritaires demeurent brûlants, Tshisekedi a voulu porter une parole claire : aucune vision continentale ne peut progresser tant que la violence armée continue de priver des millions d’Africains de stabilité et de dignité.

À travers cette intervention, le Président congolais s’est imposé comme l’un des artisans d’un discours africain plus exigeant, plus cohérent, et déterminé à replacer l’Afrique au cœur des rapports internationaux. Son message a sonné comme un avertissement mais aussi comme une main tendue : l’Afrique veut un partenariat, pas une tutelle ; un dialogue, pas une dépendance.
Le Sommet UA-UE à Luanda aura ainsi été pour Félix Tshisekedi une tribune stratégique : celle d’un dirigeant qui ne se contente plus d’appeler au changement, mais qui exige sa mise en œuvre.
Patient Mukuna









