L’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives en République démocratique du Congo (ITIE-RDC) a réuni ce lundi 24 novembre à Kinshasa, les acteurs institutionnels, industriels, diplomatiques et de la société civile autour d’un atelier stratégique consacré à la dissémination de deux rapports thématiques majeurs à savoir :
l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) dans la filière cuivre-cobalt,
l’évaluation des obligations sociales et environnementales (DSE) dans le Haut-Katanga et le Lualaba.
Un rendez-vous crucial qui intervient dans un contexte où les exigences de transparence, de redevabilité et de gouvernance responsable deviennent désormais incontournables dans le secteur extractif congolais.
Au cœur de cet atelier, l’ITIE-RDC a présenté des constats sans détour, fruits de plusieurs mois d’analyse sur le terrain. Dans la filière cuivre-cobalt, l’EMAPE représente un secteur vital pour des milliers de ménages, mais demeure encore marqué par la précarité, la faiblesse de l’encadrement institutionnel et des risques élevés pour la sécurité humaine et environnementale. Dans le même souffle, le rapport sur les DSE a mis en évidence les écarts persistants entre les engagements pris par certaines entreprises minières et leur mise en œuvre réelle, notamment en ce qui concerne la protection de l’environnement, le respect des communautés locales et la transparence des contributions sociales.
Un dialogue multipartite pour une gouvernance renforcée
La démarche de l’ITIE-RDC n’est pas seulement technique, mais plutôt profondément stratégique. En réunissant autour d’une même table les représentants du gouvernement, des entreprises, de la société civile et des partenaires internationaux, l’organisation affirme son rôle de plateforme de vérité et de redevabilité, capable de mobiliser les acteurs et de poser les vraies questions.
La présence du Secrétariat international de l’EITI, ainsi que d’un représentant du Ministère des Affaires étrangères de Belgique, bailleur ayant financé ces études, témoigne de l’importance accordée à ces travaux et de la confiance placée dans les efforts de réforme engagés par la RDC.
Au-delà de la diffusion des rapports, l’atelier a servi de tremplin pour une dynamique plus large c’est-à-dire l’appropriation collective des recommandations. L’ITIE-RDC insiste sur la nécessité d’améliorer l’organisation du secteur artisanal, de renforcer les contrôles, de rendre plus opérationnels les mécanismes de suivi des engagements sociaux et environnementaux, et de garantir que l’exploitation des ressources minières se fasse dans le respect des populations et de la nature.
Dans un secteur dominé par de grands enjeux économiques et géopolitiques, l’ITIE-RDC se positionne clairement comme un moteur de transparence, déterminée à briser l’opacité, à élever les standards de gouvernance et à protéger les intérêts du pays et de ses citoyens.
Ainsi au terme de ces échanges, les parties prenantes ont salué l’initiative et appelé à une mise en œuvre rapide des mesures proposées. La publication de ces deux rapports marque une étape importante dans la quête d’une gouvernance extractive plus transparente, plus inclusive et plus durable en RDC. Bref, l’ITIE-RDC réaffirme ainsi son engagement de transformer la transparence en un levier de progrès, et la redevabilité en un pilier de justice sociale et environnementale.
Ben AKILI









