La reconnaissance, par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et par la société civile africaine, des génocides commis en République démocratique du Congo et des responsabilités établies du Rwanda dans plus de trois décennies de massacres sur le sol congolais, continue de susciter de fortes réactions au pays. Ce mercredi 26 novembre, ces avancées diplomatiques ont été au cœur d’un long entretien entre le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, et le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, au centre Lindonge.
Selon le ministère des Droits humains, cette audience de plus de deux heures a permis d’évoquer les implications politiques, judiciaires et morales de ces résolutions qualifiées d’« historiques ». Le cardinal Ambongo, figure influente de la scène ecclésiale et morale du pays, a salué « une victoire éclatante » pour la RDC, soulignant qu’il s’agit d’un tournant décisif dans la quête de vérité, de reconnaissance et de justice pour les victimes congolaises.
Le cardinal Ambongo a mis en avant la cohérence naturelle entre la mission pastorale de l’Église et la défense des droits humains, rappelant que l’Église catholique congolaise accompagne depuis des décennies les communautés meurtries par les violences récurrentes. Il a également salué l’engagement constant du président Félix Tshisekedi et de la Première dame Denise Nyakeru, tous deux très impliqués dans les initiatives de plaidoyer en faveur des survivants et des familles affectées.
Pour le prélat, cette reconnaissance africaine ne constitue pas seulement un geste symbolique, mais un premier jalon vers une réparation morale attendue depuis longtemps par le peuple congolais.
À l’issue de l’audience, le ministre Samuel Mbemba a exprimé toute sa gratitude envers le cardinal Ambongo pour son écoute et son appui. Il a rappelé que la remise officielle des deux résolutions à l’archevêque de Kinshasa n’était pas un simple acte protocolaire, mais un signal fort de la détermination du gouvernement congolais à mobiliser toutes les institutions morales, nationales et internationales dans ce combat.
« L’Église est dans ce combat depuis longtemps. Il était essentiel qu’elle soit parmi les premiers à recevoir officiellement ces résolutions », a déclaré le ministre, soulignant que la RDC ne reculera pas dans sa quête de justice, ni dans son exigence de vérité quant aux violences qui ont endeuillé le pays depuis plus de trente ans.

Pour Kinshasa, ces résolutions ouvrent une nouvelle phase : celle d’un plaidoyer renforcé auprès des organisations régionales et internationales afin que la reconnaissance historique obtenue se transforme en actions concrètes, notamment en matière de justice, de réparation et de garanties de non-répétition.
Le gouvernement se dit déterminé à faire de cette avancée diplomatique un levier majeur pour la défense de la souveraineté nationale, la protection des populations et la stabilisation durable de l’Est du pays.
Grâce Mukoj









