La situation devient critique dans la réserve de Yangambi. Face à l’augmentation inquiétante de la coupe illégale de bois dans cette aire scientifique reconnue mondialement, une délégation parlementaire a échangé ce mercredi 26 novembre à Kisangani avec le gouverneur intérimaire de la Tshopo afin d’ouvrir la voie à des mesures rapides et concrètes.
Cette rencontre, tenue au chef-lieu de la province, intervient alors que les champs de recherche de Yangambi véritable laboratoire naturel pour les experts congolais et internationaux sont progressivement menacés par une exploitation forestière clandestine d’une ampleur sans précédent.
« Nous sommes en mission de recherche dans la province de Tshopo. Avant de poursuivre nos travaux, nous avons jugé nécessaire de rencontrer l’autorité provinciale pour lui présenter la situation alarmante dans la réserve de Yangambi, où nous menons des recherches depuis plusieurs années avec nos partenaires, notamment l’Université de Gand en Belgique », a expliqué Landry Cizungu, député national et membre de la Commission Environnement de l’Assemblée nationale.

Selon lui, l’intensification de la coupe illégale ne menace pas seulement la biodiversité exceptionnelle du site, mais compromet également des années d’études scientifiques, des investissements importants et le futur même des programmes de conservation.
La délégation parlementaire a insisté sur l’urgence d’une intervention vigoureuse, estimant que Yangambi, considéré comme un poumon écologique et un centre de recherche stratégique pour la RDC, ne peut pas être laissé à la merci de réseaux mafieux qui abattent les arbres en toute impunité.
Le gouverneur intérimaire, réceptif à ce plaidoyer, a été appelé à renforcer les mécanismes de contrôle, intensifier les patrouilles et engager une collaboration directe avec les services environnementaux, les forces de sécurité et les partenaires locaux.
La réserve de biosphère de Yangambi, classée par l’UNESCO, abrite une biodiversité unique, des essences forestières rares et plusieurs décennies de données scientifiques indispensables à la compréhension des écosystèmes tropicaux. Sa destruction progressive représente une perte inestimable pour le pays et pour la planète.
Les parlementaires ont réaffirmé leur détermination à défendre ce patrimoine national, en assurant un suivi parlementaire strict et en poussant pour des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces dégradations.
Emmanuel Kamba









