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Lualaba : maladies imputables aux activités minières, Casmia-G Asbl exige la signature de l’arrèté sur ces maladies pour protéger les victimes

La détermination de la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a marqué d’un sceau particulier l’ouverture de l’atelier d’échanges consacré aux maladies imputables aux activités minières, organisé par la plateforme Casmia-G Asbl. Un rendez-vous inédit qui vise enfin à faire aboutir l’arrêté interministériel attendu depuis près d’une décennie, conformément aux articles 285 quater du Code minier et 405 quater de son règlement.

Dans son mot de bienvenue, le Coordonnateur national de Casmia-G, Maître Schadrack Mukad, a rappelé sans détour l’urgence criante de la situation. Depuis plusieurs années, des centaines de cas de maladies liées aux activités minières ont été recensés dans les provinces du Lualaba, du Haut-Katanga, du Tanganyika et jusqu’ailleurs.
Malgré cela, l’arrêté interministériel qui devrait protéger les travailleurs et les communautés demeure bloqué. Un vide juridique qui aggrave, selon lui, les conflits, les injustices et l’abandon de travailleurs victimes d’accidents professionnels, souvent ignorés par certaines entreprises minières.

Le Coordonnateur national a également dénoncé le refus répété de plusieurs sociétés de reconnaître leur responsabilité sanitaire, alors que la RDC attire massivement les investisseurs du fait de ses minerais stratégiques pour la transition énergétique.

« L’exploitation du sous-sol ne peut pas continuer à s’écrire au prix de la santé de ceux qui la rendent possible », a martelé Maître Schadrack.

La Gouverneure Fifi Masuka, invitée d’honneur de cet atelier, a livré une intervention marquée par une force rare et un sens aigu de justice sociale.
Elle a d’abord rendu hommage au Président de la République pour sa vision d’un pays plus équitable, avant de saluer le courage et la rigueur de Casmia-G dans son combat pour la protection des communautés minières.

Déterminée, la Gouverneure a rappelé que la province du Lualaba ne restera plus spectatrice face aux drames humains générés par certaines pratiques minières. Selon elle, l’heure n’est plus aux diagnostics, mais à des décisions fermes, des réformes courageuses et une volonté politique assumée.

Fifi Masuka a ainsi réaffirmé que son gouvernement provincial accompagnera sans réserve toute initiative permettant de protéger les populations exposées et de garantir une exploitation minière responsable.

« Nous n’accepterons plus que la richesse du Lualaba se construise au détriment de la dignité de nos citoyens », a-t-elle déclaré avec conviction.

Son soutien financier direct à l’organisation de cet atelier témoigne d’ailleurs de sa détermination à faire bouger les lignes.

Pendant deux jours, experts en santé, environnement, mines, syndicats, chefs coutumiers, entreprises minières et communautés affectées travailleront à dresser une liste consensuelle des maladies directement imputables aux activités minières. Cette liste devra ensuite être transmise officiellement aux ministères nationaux des Mines et de la Santé, dans l’espoir d’obtenir enfin la signature de l’arrêté interministériel, devenu un symbole d’injustice et d’inaction institutionnelle.

Le représentant du ministre national des Mines a félicité Casmia-G pour son initiative, tandis que celui de la ministre de l’Environnement a rappelé aux entreprises « leur obligation de respecter strictement la réglementation environnementale ». Un message qui a trouvé un écho particulier auprès des communautés présentes.

Puis, c’était l’étape des panels où plusieurs thématiques ont été abordées ouvrant ainsi le débat aux questions reponses. Juste après quoi, la place était réservée aux témoignages touchants qui nécessitent réellement l’engagement de tous.

En soutenant publiquement et fermement Casmia-G, la Gouverneure Fifi Masuka s’impose comme une figure de proue dans la lutte pour une exploitation minière éthique. Son engagement est perçu comme un signal fort envoyé aux entreprises, le Lualaba ne transigera plus sur la santé de ses citoyens.

Pour de nombreux participants, cette rencontre pourrait marquer un tournant historique la fin d’un silence administratif long de dix ans, et le début d’une reconnaissance officielle des maladies minières en RDC.

Ben AKILI

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