Dans un pays où les richesses minières alimentent les plus grandes ambitions mondiales, l’organisation Comprendre et Agir dans les Secteurs Miniers Industriel, Artisanal et de la Gouvernance (Casmia-G) choisit de regarder là où personne ne veut vraiment voir surtout pour ce qui est de la santé brisée des travailleurs et des communautés. Ce jeudi 27 novembre à l’ouverture de son atelier d’échanges sur les maladies imputables aux activités minières, l’organisation a décidé de transformer le silence en action et l’indifférence en combat.
Dans une allocution de détermination, le Coordonnateur national de Casmia-G, Maître Schadrack Mukad a tenu à remercier chaleureusement tous les participants, ainsi que Madame la Gouverneure, première autorité provinciale à avoir apporté son soutien financier et moral pour rendre ces assises possibles. Un geste qui, selon l’organisation, confirme l’engagement des autorités à placer la santé publique au centre des priorités dans les régions minières.

Un atelier pour briser le silence autour d’une crise longtemps ignorée
Depuis plusieurs années, Casmia-G tire la sonnette d’alarme face à l’augmentation inquiétante de maladies observées dans les zones minières du pays, notamment dans le territoire de Lubudi. De nombreux travailleurs se retrouvent affaiblis ou mis à l’écart après des accidents ou des expositions répétées à des conditions de travail éprouvantes.
Dans les villages riverains, les familles se retrouvent souvent seules à affronter des situations difficiles, faute de prise en charge ou de reconnaissance par les entreprises responsables. L’organisation dénonce particulièrement le refus fréquent de certaines entreprises minières d’assumer leurs responsabilités, mettant en doute les plaintes des malades et les abandonnant à la charge de leurs proches, eux-mêmes sans ressources suffisantes.

Un enjeu stratégique pour le pays
La RDC se trouve au cœur de la transition énergétique mondiale grâce à ses minerais stratégiques. Des investissements massifs sont attendus dès 2026. Mais, comme l’a souligné dans son discours le Coordonnateur national de Casmia-G, l’avenir de cette transition ne peut pas se construire au détriment de la santé humaine.
« Quel sera l’état de santé de nos travailleurs et de nos populations dans cinq ou dix ans si rien n’est fait ? La transition énergétique peut-elle réellement être qualifiée d’éthique si elle détruit ceux qui en sont les principaux acteurs ? » a questionné SchadrackMukad, Coordonnateur national de Casmia-G.
L’objectif majeur de cet atelier est d’établir la liste officielle des maladies imputables aux mines. Des experts en santé, mines et environnement venus du Haut-Katanga, Lualaba, Tanganyika et Kinshasa, mais aussi des entreprises, des syndicats et des représentants des communautés locales vont pendant deux jours, faire des présentations techniques, des témoignages seront entendus, des travaux en groupes permettront également ’identifier les maladies les plus récurrentes dans les zones minières.
À l’issue des échanges, une liste consolidée sera élaborée. Sous la coordination de Casmia-G, une délégation officielle remettra ensuite cette liste aux Ministres nationaux des Mines et de la Santé afin d’obtenir la signature du très attendu arrêté interministériel, pierre angulaire pour la reconnaissance et la prise en charge des maladies professionnelles dans le secteur minier.

Une détermination affirmée
Casmia-G affirme qu’il n’est plus temps de repousser les décisions. L’organisation se dit prête à porter haut et fort la voix des communautés affectées, à multiplier les démarches auprès des instances nationales, et à exiger l’application stricte des articles 285 quater du Code minier et 405 quater de sa mesure d’application.
Cet atelier marque ainsi un tournant décisif. Il symbolise la volonté de mettre fin aux tensions persistantes entre personnel minier, entreprises et communautés locales, en posant les fondations d’un cadre clair, humain et responsable.
Un atelier sous le haut patronage de l’action et de l’espoir
En clôturant son intervention, le Coordonnateur national de Casmia-G a réaffirmé sa gratitude à Madame la Gouverneure pour son appui déterminant et a appelé toutes les parties prenantes à un engagement sincère. Une chose est certaine, Casmia-G entend faire de cet atelier un moment historique dans la lutte pour la justice sociale et sanitaire dans le secteur minier congolais.
Si l’avenir minier du pays se joue dans les chiffres, celui des communautés se joue dans le courage. Et aujourd’hui, Casmia-G a choisi son camp, celui des vies humaines. Le compte à rebours est donc lancé. À présent, il appartient aux décideurs de prouver qu’ils ont, eux aussi, choisi le bon côté de l’Histoire.
Ben AKILI









