Les agents de Kamoto Copper Company (KCC), exaspérés par l’insécurité persistante sur leur site minier, ont cessé le travail et ont investi les rues pour faire entendre leur voix. Leur marche pacifique s’est achevée devant le bâtiment du gouvernement provincial, symbole d’une autorité qu’ils jugent désormais trop silencieuse face à la montée inquiétante de l’occupation illégale des concessions minières par des exploitants artisanaux non autorisés.
Au cœur de cette agitation, la plateforme Casmia-G Asbl ne cache plus son indignation. L’organisation affirme être « profondément préoccupée » par la situation explosive que traverse KCC, mais aussi par la tendance généralisée qui frappe l’ensemble du secteur minier industriel en RDC.
Selon cette organisation qui travaille dans les ressources naturelles, l’envahissement des sites industriels par des creuseurs illégaux fragilise gravement les opérations, menace la sécurité des travailleurs et expose les entreprises à des pertes considérables. KCC n’est pas un cas isolé. COMMUS, TFM, MUMI, Boss Mining et COMIDE seraient eux aussi confrontés à un même phénomène d’intrusion répétée, mettant tout un pan de l’économie nationale sous pression.
« L’État doit anticiper les risques plutôt que d’attendre que la situation dégénère », insiste Casmia-G, qui appelle à une mobilisation urgente des autorités provinciales et nationales. Casmia-G prévient que l’absence de réaction ferme et coordonnée pourrait entraîner une crise sociale et sécuritaire de grande ampleur.
Remettre le dialogue au centre du jeu
Au-delà de l’urgence, Casmia-G voit dans cette crise le signe d’un dysfonctionnement plus profond. Pour l’organisation syndicale, il est impératif de relancer un dialogue sincère et constructif entre tous les acteurs du secteur minier à savoir : entreprises, autorités, communautés locales et opérateurs artisanaux.
« Le bonheur n’a de sens que s’il est partagé », rappelle Casmia-G dans un message fort adressé aux multinationales. Cette organisation estime que les entreprises opérant en RDC doivent non seulement sécuriser leurs investissements, mais aussi créer des opportunités réelles pour les initiatives locales, afin de réduire les tensions et instaurer une cohabitation pacifique.
Un secteur stratégique menacé
Dans une province où l’activité minière constitue l’un des principaux leviers économiques, les perturbations actuelles inquiètent. Les pertes d’exploitation, l’insécurité croissante autour des concessions et le risque de confrontation directe sont autant d’éléments qui menacent l’équilibre déjà fragile entre industrie formelle et exploitation artisanale informelle.
L’appel de Casmia-G sonne donc comme un avertissement, car la situation n’est plus tenable.
Sans une action rapide, coordonnée et inclusive, c’est tout l’édifice minier congolais qui pourrait vaciller.
Ben AKILI









