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Journée internationale contre la corruption : Casmia-G Asbl sonne l’alarme sur un fléau qui dévore le secteur minier congolais

À l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption, célébrée chaque 9 décembre depuis son institution par l’ONU en 2003, la plateforme Casmia-G Asbl monte au créneau pour dénoncer un système qui, selon elle, menace directement l’avenir économique, social et institutionnel de la République démocratique du Congo.

Dans un message fort, l’organisation rappelle que la corruption n’est pas un simple acte illégal : c’est un poison national, un obstacle au développement, un destructeur de confiance, un prédateur silencieux qui prive des millions de Congolais de leurs droits fondamentaux.

Casmia-G affirme que l’intégrité, la transparence et la responsabilité ne sont pas des choix, mais les fondations d’un Congo juste, moderne et prospère.

« Notre pays mérite mieux. Refusons les pots-de-vin. Refusons les passe-droits. Choisissons la justice.» « Chaque acte d’intégrité est une victoire contre la corruption. Soyons le changement.»

Un secteur minier étouffé par les réseaux de prédation

Dans une interview exclusive accordée à Surveillance.cd, le Secrétaire général de Casmia-G, Mike Lameki, dresse un tableau inquiétant de la situation dans le secteur minier, véritable colonne vertébrale de l’économie nationale.

Selon lui, la corruption s’est incrustée dans « plusieurs maillons de la chaîne d’approvisionnement » : lors de l’octroi des titres miniers, dans les processus administratifs et techniques, dans les opérations sur terrain, jusque dans la gestion des revenus miniers.

Le Code minier prévoit pourtant des procédures strictes et détaillées, mais celles-ci sont régulièrement détournées par des pratiques opaques :

« Lorsque des personnes coopèrent illégalement avec certains détenteurs de pouvoir pour obtenir des titres miniers, c’est l’État qui perd, c’est le pays qui recule, c’est la justice qui s’effondre », explique Mike Lameki.

Il dénonce un système où corrupteurs et corrompus se nourrissent mutuellement, créant un environnement favorable à l’impunité, à la spoliation des ressources et au pillage organisé.

Certaines entreprises, ajoute-t-il, se comportent ensuite comme des maîtres absolus, profitant de ces irrégularités pour imposer leurs règles au mépris des communautés locales et des intérêts nationaux.

Pour Casmia-G, le chemin pour sortir de ce piège existe, mais il exige du courage et une volonté politique sans faille, celle de renforcer la justice, sans favoritisme. « Si la justice est équitablement distribuée, alors corrupteurs et corrompus répondront devant la loi.» Rendre les revenus miniers réellement profitables au peuple

    Les minerais du Congo ne doivent pas seulement attirer le monde : ils doivent transformer le pays, construire des écoles, des centres de santé, des routes, améliorer la vie des communautés affectées.

      Casmia-G appelle les autorités, à commencer par la Présidence de la République, à montrer l’exemple, à sanctionner, à punir, à instaurer une tolérance zéro.

      Le thème mondial de cette année, « Unir la jeunesse contre la corruption », résonne fortement en RDC. Casmia-G insiste sur le rôle crucial de la jeunesse, porteuse d’énergie, d’idéaux et d’audace, dans la construction d’un avenir débarrassé du fléau qui ronge le pays.

      Pour Casmia-G, lutter contre la corruption n’est pas l’affaire d’une élite, mais un combat collectif, une urgence morale et nationale.

      « Ensemble, disons NON à la corruption. Ensemble, choisissons l’honnêteté et le progrès. Bannissons tout acte de prédation. Le Congo mérite mieux.»

      La corruption n’est pas invincible, elle recule toujours là où des femmes et des hommes décident de se lever. Casmia-G Asbl en fait le serment : tant qu’un seul acte de prédation minerait l’avenir du Congo, elle restera debout, vigilante, déterminée. Le secteur minier ne doit plus être un terrain de chasse pour les corrupteurs, mais un pilier de prospérité pour toute la Nation. Le temps n’est plus aux discours : il est à l’action. À chacun d’assumer sa part de courage. Parce que notre richesse n’a de sens que si elle profite au peuple, l’histoire retiendra ceux qui auront osé dire NON et agir.

      Bref, le Congo n’attend plus, l’intégrité doit devenir la nouvelle langue, et la justice, la seule boussole.

      Ben AKILI

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