Plusieurs Organisations de la Société civile (OSC) œuvrant dans la gouvernance des ressources naturelles tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la multiplication des pressions, intimidations et attaques visant les défenseurs des droits humains impliqués dans le monitoring de l’exploitation minière illégale dans les provinces du Maniema et de la Tshopo.
Ces menaces, qualifiées de “graves et inacceptables” par les OSC, ciblent particulièrement des membres des ONG PELDDH (Patrice Emery Lumumba pour le Développement Communautaire, la Défense et la Promotion des Droits Humains) et IPDHOR (Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion), à la suite de la publication d’un communiqué de presse le 30 octobre 2025 ainsi que d’un rapport conjoint dénonçant des activités minières illicites dans ces deux provinces.
Après la diffusion de leurs conclusions révélant l’exploitation illégale du coltan et de la cassitérite au Maniema, ainsi que l’extraction non autorisée d’or et de diamant dans la Tshopo, plusieurs défenseurs des droits humains sont soumis à une vague inquiétante de harcèlements et de violences institutionnelles.
À Kindu, Ramazani Muteba, point focal de PELDDH, affirme avoir subi une intrusion policière à son domicile au cours de laquelle il a été menacé et malmené en représailles à son travail de surveillance indépendante du secteur minier.
À Kisangani, Muhindo Fayzon, également membre de PELDDH, aurait été maltraité par des éléments de la police déployés au ministère provincial des Mines, après avoir tenté de déposer une note de droit de réponse.
Depuis ces événements, des membres de PELDDH et d’IPDHOR reçoivent des appels et messages intimidants en provenance de certaines institutions provinciales, visant notamment Maître Kapipa, Directeur exécutif de PELDDH.
Dans une déclaration ferme, les OSC condamnent “une campagne délibérée destinée à faire taire ceux qui défendent la loi, la transparence et la justice sociale”.
Elles rappellent que le rôle des défenseurs des droits humains est essentiel dans un pays où la corruption, le pillage des ressources et l’impunité fragilisent les institutions et les communautés locales.
Les organisations appellent : les Gouvernements national et provinciaux à garantir, sans délai, la sécurité physique et psychologique des défenseurs des droits humains, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux de la RDC.
Le Ministre national des Mines
À faire appliquer strictement le Code et le Règlement miniers, et à protéger les communautés affectées par les exploitations illégales.
Le Procureur Général près la Cour de cassation
À ouvrir des enquêtes indépendantes sur les actes de torture, menaces et intimidations signalés.
Les auditeurs militaires du Maniema et de la Tshopo
À engager des poursuites contre les agents de police impliqués dans ces abus.
Les organisations nationales et internationales de défense des droits humains
À renforcer la surveillance de la situation et à assurer une protection accrue aux acteurs actuellement menacés.
Un engagement inébranlable pour la transparence et la justice
Malgré les pressions, les OSC réaffirment leur détermination : elles ne reculeront pas. Leur engagement reste total pour la bonne gouvernance du secteur minier, la transparence, la redevabilité et la lutte contre la corruption – des valeurs essentielles à la paix sociale et au développement équitable.
Pour elles, protéger les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits humains n’est pas seulement une obligation légale : c’est un impératif moral pour que les richesses du sous-sol congolais profitent véritablement au peuple et non à des réseaux de prédation.
Emmanuel KAMBA









