Le retrait annoncé du M23 de la ville d’Uvira est loin d’être un acte de paix ou un pas sincère vers la désescalade. Il s’agit, selon plusieurs observateurs politiques congolais, d’un simple repli tactique, dicté non par une volonté de mettre fin à l’occupation, mais par la pression diplomatique croissante exercée sur Kigali, notamment par les États-Unis.
Dans une déclaration sans équivoque, Steve Mbikayi a dénoncé ce qu’il qualifie de « mise en scène politique et militaire ». Pour lui, quitter Uvira ne saurait en aucun cas être interprété comme un geste de bonne foi. « Uvira seul ne suffit pas. Nous exigeons un retrait total et réel de toutes les troupes occupantes de notre territoire », a-t-il martelé, pointant directement la responsabilité du Rwanda et de ses supplétifs de l’AFC/M23.
Sur le terrain, la réalité contredit le discours officiel. Les combattants du M23, loin d’être démantelés, restent solidement implantés dans plusieurs zones stratégiques de l’Est de la République démocratique du Congo. Les mouvements de troupes observés ressemblent davantage à un redéploiement calculé qu’à une retraite définitive. Cette stratégie vise à calmer momentanément la communauté internationale, tout en préservant les capacités militaires et l’emprise territoriale du mouvement rebelle.
L’attitude de l’AFC/M23 est ainsi perçue comme une provocation supplémentaire à l’égard du peuple congolais. Derrière des communiqués soigneusement rédigés se cache une entreprise de déstabilisation persistante, marquée par des violations répétées de la souveraineté nationale, des déplacements massifs de populations civiles et une insécurité chronique imposée aux habitants de l’Est du pays.
Pour de nombreuses voix politiques et citoyennes, la communauté internationale ne doit plus se contenter de demi-mesures ni de symboles creux. Un retrait partiel ne peut masquer une occupation toujours active ailleurs. Tant que toutes les forces étrangères et leurs alliés armés n’auront pas quitté intégralement le territoire congolais, toute annonce de retrait restera un mensonge diplomatique et une insulte aux victimes du conflit.
La RDC attend des actes concrets, pas des manœuvres de communication. Le temps des faux-semblants est révolu : seul un retrait total, vérifiable et irréversible de l’AFC/M23 et de ses soutiens mettra fin à cette guerre imposée et ouvrira la voie à une paix véritable.
Patient MUKUNA









