Face aux interrogations persistantes et aux accusations de bradage des ressources nationales, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, est monté au créneau ce mardi 30 décembre lors du briefing de presse animé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. Objectif, lever les zones d’ombre entourant l’accord stratégique récemment conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, ainsi que l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda.
Selon Daniel Mukoko Samba, l’accord signé le 4 décembre marque une rupture qualitative dans les relations diplomatiques entre la RDC et les États-Unis. Il ne s’agit plus d’une simple coopération ponctuelle, mais bien d’un partenariat stratégique structuré et durable.
« Nous avons franchi un autre niveau avec les États-Unis. Nos deux pays sont désormais liés par un partenariat stratégique couvrant les domaines scientifique, économique et sécuritaire », a-t-il affirmé.
Ce partenariat sera encadré par un comité conjoint de pilotage, qui sera mis en place dans les tout prochains jours. Il sera dirigé par deux coprésidents, l’un congolais et l’autre américain, symbole d’une collaboration équilibrée et respectueuse de la souveraineté nationale. Pour le gouvernement congolais, cet accord répond à un double impératif. D’abord, renforcer la sécurité nationale et jeter les bases d’un développement durable, dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes.
Face aux rumeurs et aux accusations de bradage des minerais congolais, le ministre de l’Économie nationale s’est montré catégorique.
« L’accord stratégique entre la RDC et les États-Unis ne porte pas sur les minerais. Aucun contrat n’a été signé pour brader les ressources du peuple congolais », a-t-il martelé.
Selon lui, l’objectif principal de cet accord est de créer un cadre attractif pour des investissements sérieux et responsables, et non de céder les richesses du sous-sol congolais. Le comité de suivi aura pour mission d’identifier des investisseurs crédibles, capables de générer des retombées économiques réelles et mesurables au profit des Congolais.
Revenant sur l’accord de paix signé à Washington, Daniel Mukoko Samba a insisté sur sa dimension stratégique et humaine.
« Cet accord a été conçu pour les filles et fils de ce pays. Il était essentiel de choisir un partenaire responsable, engagé dans une coopération bilatérale sérieuse », a-t-il expliqué.
Il a rappelé que les États-Unis ont déjà conclu des accords similaires avec d’autres pays, notamment le Japon et le Kenya, sans que ces partenariats ne débouchent sur des conflits ou des déséquilibres entre les parties.
Des mécanismes de suivi clairs et contraignantsL’accord prévoit plusieurs dispositions institutionnelles fortes, destinées à garantir sa mise en œuvre effective, un forum binational organisé tous les deux ans, impliquant l’ensemble des parties prenantes ; une évaluation périodique et une révision de l’accord tous les trois ans ; en cas de retrait d’une partie, un préavis obligatoire de cinq ans, renforçant la stabilité et la prévisibilité du partenariat.
Ces mécanismes visent à éviter toute dérive et à assurer une coopération fondée sur la transparence et la responsabilité mutuelle.
Pour le gouvernement congolais, l’accord stratégique avec les États-Unis s’inscrit dans une vision globale, celle de restaurer durablement la paix, en particulier dans l’Est du pays, et offrir aux Congolais un environnement propice au travail, à l’investissement et à l’épanouissement économique. Après plus de trois décennies de conflits armés, cet accord est présenté comme une piste crédible de sortie de crise, combinant diplomatie, sécurité et développement économique.
Michel KABEYA









