La réforme du secteur minier artisanal demeure un chantier complexe, sensible et déterminant pour l’avenir socio‑économique de la République démocratique du Congo. Face aux tensions récentes observées dans la province du Lualaba, Casmia-G Asbl ‑G, plateforme de la société civile qui œuvre dans ce secteur, réaffirme avec force son engagement en faveur d’un secteur minier assaini, responsable et respectueux des lois, des personnes et des investissements.
Dans ce contexte particulièrement tendu, Casmia-G salue la décision du Ministre national des Mines portant sur la levée partielle et momentanée de la mesure de suspension des activités minières et de commercialisation des entités de traitement du cuivre et du cobalt au Lualaba. Cette décision, empreinte de pragmatisme, traduit une volonté politique d’apaisement et ouvre une brèche essentielle pour la recherche de solutions durables au bénéfice de tous les acteurs. L’organisation tient également à saluer l’implication personnelle et déterminante de la Gouverneure de la province du Lualaba, dont les efforts constants témoignent d’un leadership responsable et d’une réelle préoccupation pour la stabilité sociale et économique de la province. Son engagement dans la recherche de solutions adaptées au secteur minier artisanal mérite d’être reconnu et soutenu.
Casmia-G souligne par ailleurs le rôle capital joué par les coopératives minières et les organisations de la société civile, qui ont agi en véritables remparts contre l’escalade de la violence, en appelant au calme et à la retenue. Leur sens des responsabilités et leur proximité avec les communautés minières constituent un atout majeur pour la pacification et la réforme du secteur. Cependant, Casmia-G condamne avec la plus grande fermeté les actes de vandalisme, de pillage et les atteintes à l’intégrité physique de travailleurs et de paisibles citoyens, perpétrés au cours de la semaine écoulée par certains manifestants.
Aucune revendication, aussi légitime soit‑elle, ne peut justifier la violence, la destruction ni l’agression d’innocents. Les entreprises minières, qu’elles soient nationales ou étrangères, ne doivent en aucun cas être prises pour cibles de la barbarie, simplement parce qu’elles ont fait le choix d’investir dans le pays et de contribuer à son développement. Réclamer un droit ne signifie pas casser, piller ou blesser. La violence ne construit rien ; elle détruit, discrédite et compromet l’avenir de tout un secteur.
Les événements récents démontrent une réalité inquiétante, personne n’est à l’abri face à ce type de dérives. Une fois de plus, l’image de l’artisanat minier congolais a été ternie, au détriment des milliers de creuseurs artisanaux qui exercent leur activité de manière pacifique et responsable. Pour Casmia-G, il est désormais clair que l’assainissement du secteur minier artisanal est une responsabilité partagée.
L’État, garant de l’ordre et de la régulation, les entreprises extractives, les entités de traitement, les coopératives minières et la société civile ont chacun un rôle précis et incontournable à jouer. Nul ne peut se dédouaner, nul ne peut se soustraire à ses obligations. C’est pourquoi Casmia-G lance un appel pressant à un dialogue sincère, inclusif et responsable entre toutes les parties concernées. Seule la concertation, fondée sur la vérité, la justice et le respect mutuel, permettra de bâtir un secteur minier artisanal stable, humain et profitable à la nation congolaise.
La réforme du secteur minier artisanal n’est pas une option : c’est une urgence nationale. Et Casmia-G réaffirme, avec détermination, qu’elle continuera à jouer pleinement son rôle de veille citoyenne, de médiation et de plaidoyer pour un artisanat minier digne, pacifique et durable.
Emmanuel KAMBA









