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Drame de Bukama : Justicia Asbl exige justice pour les civils tués et blessés par des tirs militaires

L’ONG congolaise Justicia Asbl est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « violations graves, choquantes et inacceptables des droits humains » commises par des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre des civils non armés dans la cité de Bukama, le dimanche 11 janvier 2025. Selon les informations recueillies sur le terrain par l’organisation, des militaires FARDC auraient fait usage d’armes lourdes et de balles réelles contre une population civile, sous le prétexte d’une prétendue attaque menée par des miliciens Maï-Maï/Bakata Katanga. Un argument que Justicia Asbl juge fallacieux et non étayé par les faits.

« Rien, absolument rien, ne peut justifier que des armes de guerre soient retournées contre des civils sans défense. Ce qui s’est passé à Bukama ressemble davantage à une répression aveugle qu’à une opération de sécurité », s’indigne Justicia Asbl.

Le bilan provisoire dressé par Justicia Asbl fait état d’au moins dix personnes tuées et d’une dizaine d’autres grièvement blessées, toutes victimes de tirs à balles réelles. Parmi les blessés figure une fillette de 12 ans, actuellement internée dans un état critique à l’Hôpital général de référence de Bukama.

« Comment expliquer qu’une enfant se retrouve criblée de balles dans une opération censée neutraliser des miliciens ? C’est une preuve accablante de l’usage abusif et disproportionné de la force », déplore l’ONG.

L’organisation affirme par ailleurs que les personnes présentées comme des Bakata Katanga n’étaient munies d’aucune arme, ni létale ni non létale, ce qui renforce, selon elle, la thèse d’une attaque arbitraire contre une population civile non combattante.

Une violation flagrante des engagements de la RDC

Justicia Asbl rappelle que la République démocratique du Congo est signataire de nombreux instruments juridiques internationaux protégeant les droits humains et que sa propre Constitution consacre la sacralité de la vie humaine. « L’article 16 de la Constitution est clair. La personne humaine est sacrée. Ce principe fondamental a été piétiné à Bukama », martèle Justicia Asbl.

Pour l’ONG, ces actes constituent non seulement des violations graves des droits humains, mais aussi une atteinte directe à l’État de droit et à la confiance entre l’armée et la population civile.

Face à la gravité des faits, Justicia Asbl formule plusieurs recommandations urgentes : Au Gouvernement congolais, l’ONG demande :
le soutien à une enquête judiciaire militaire sérieuse, indépendante et crédible ; la relocalisation des blessés vers des structures médicales mieux équipées afin de leur garantir des soins appropriés ; l’organisation d’obsèques dignes pour les victimes décédées.

À l’Auditeur supérieur près la Cour militaire du Katanga, Justicia Asbl exige : la saisine d’office du dossier et l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de ces violations. Aux familles des victimes, l’ONG lance un appel : à collaborer pleinement avec la justice afin que la vérité soit établie et que des réparations justes et conséquentes soient accordées.

« L’impunité est un poison pour la paix. Si les crimes commis à Bukama restent sans suite, c’est un message dangereux envoyé à toute la nation », avertit Justicia Asbl.

Justicia Asbl conclut en appelant les autorités congolaises à assumer pleinement leurs responsabilités et à démontrer que nul, pas même un homme en uniforme, n’est au-dessus de la loi.

Patient MUKUNA

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