La plateforme Casmia-G salue l’initiative du Gouvernement de la RDC relative au projet d’exploitation du minerai de fer dans la Grande Orientale, un projet ambitieux porté par des chiffres impressionnants. 15 à 20 milliards de tonnes de réserves, une teneur supérieure à 60 % et une production potentielle allant jusqu’à 300 millions de tonnes par an, avec des unités de transformation et des infrastructures modernes.
Cependant, cette projection prometteuse ne peut faire abstraction du bilan sombre de plus d’un siècle d’exploitation minière en RDC.
Depuis la période postcoloniale, l’exploitation des minerais en RDC a rarement profité aux populations. Les grandes entreprises publiques, autrefois stratégiques, ont été affaiblies par une mauvaise gouvernance, tandis que la transformation locale des minerais demeure marginale, faute d’infrastructures et de volonté politique.
Dans plusieurs provinces minières, notamment le Lualaba et le Haut-Katanga, l’extraction du cuivre et du cobalt n’a pas entraîné le développement durable attendu. Les communautés locales continuent de subir déplacements forcés, pollution environnementale, chômage élevé et accès limité aux services sociaux de base.
Les expériences récentes, dont le projet de lithium de Manono, démontrent que la RDC n’a pas encore tiré toutes les leçons de son passé minier. L’octroi de certains titres miniers sans études d’impact environnemental et social crédibles expose le pays à de graves conséquences écologiques et sociales.
Face au projet ferrifère de la Grande Orientale, Casmia-G : sans rupture avec les pratiques du passé, ce projet risque d’aggraver les injustices et de ternir davantage l’image du pays.
Casmia-G appelle la société civile et les communautés locales de la Grande Orientale à rester vigilantes et à renforcer leurs capacités pour faire face aux enjeux à venir. L’organisation recommande notamment de : privilégier la transformation locale du minerai de fer ; garantir la participation effective des communautés locales ; renforcer le contrôle environnemental et le respect du Code minier ; sélectionner des investisseurs responsables et transparents ; diversifier l’économie locale au-delà des mines ; assurer la formation et le transfert de compétences au profit des populations locales.
Le fer de la Grande Orientale peut être une opportunité historique. Casmia-G restera mobilisée pour que cette richesse contribue réellement au développement durable de la RDC, et non à la répétition d’un échec déjà trop connu.
Emmanuel KAMBA









