En dépit de la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, le gouvernement de la République démocratique du Congo multiplie les efforts pour venir en aide à ses ressortissants réfugiés dans les pays voisins. La ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba, a présenté ce samedi 17 janvier, le compte rendu de sa mission humanitaire effectuée au Burundi et en Tanzanie, lors d’un briefing spécial tenu dans le cadre du service de redevabilité.
Au cours de cette mission, la ministre a évalué les conditions de vie des réfugiés congolais ayant fui les violences armées dans l’Est de la RDC. Elle a souligné le patriotisme et la résilience de ces populations, malgré des conditions de vie extrêmement précaires.
« Nous avons voulu nous imprégner de la réalité vécue par nos compatriotes réfugiés au Burundi et en Tanzanie. Malgré les difficultés, ils conservent un esprit patriotique remarquable », a déclaré Ève Bazaiba.
Selon les chiffres communiqués, environ 250 000 Congolais, dont 50 000 enfants, sont réfugiés au Burundi, tandis que 87 000 autres, parmi lesquels 30 000 enfants, vivent en Tanzanie. La ministre a précisé que l’intervention de la RDC se fait dans le strict respect du droit international humanitaire, en collaboration avec les pays d’accueil et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
« La RDC ne peut pas intervenir directement sans l’implication des États hôtes. Toutefois, grâce à cette mission et au travail conjoint avec le HCR et les autorités burundaises et tanzaniennes, une assistance en vivres et non-vivres a pu être apportée à nos compatriotes. Le travail va se poursuivre », a-t-elle rassuré.

Ici, l’accent a été mis sur l’assistance aux enfants, personnes âgées et personnes vivant avec handicap, considérées comme les plus vulnérables dans les camps. « Nous avons constaté une situation préoccupante dans le secteur de l’éducation. Dans certains camps, il n’existe que 11 salles de classe pour des milliers d’enfants, qui étudient dans des conditions très difficiles », a expliqué la ministre.
Un rapport détaillé sera soumis au gouvernement afin de faciliter l’intégration des enfants réfugiés dans le système éducatif des pays hôtes, avec l’appui des partenaires internationaux. Ève Bazaiba a également assuré que l’assistance humanitaire du gouvernement congolais s’étendra à tous les réfugiés, quel que soit leur pays d’accueil, citant notamment l’Ouganda.
« Aucun réfugié congolais ne sera oublié. Le gouvernement suit de près la situation de tous ses ressortissants déplacés à l’étranger », a-t-elle affirmé.
La ministre a rappelé que ces déplacements massifs ne sont ni liés à des catastrophes naturelles ni à des crises sanitaires, mais résultent de l’insécurité persistante dans l’Est du pays. « Ces Congolais ont fui à cause de l’agression du Rwanda et de ses supplétifs, qui entretiennent l’instabilité dans l’Est de la RDC », a-t-elle dénoncé.

Elle a ajouté que plus de 14 millions de Congolais, dont 7 millions de déplacés internes, ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire urgente. Un plan d’intervention estimé à un milliard de dollars a été élaboré, mais sa mise en œuvre reste entravée par la poursuite des hostilités.
Ève Bazaiba a par la suite lancé un appel fort à l’unité nationale face aux défis sécuritaires et humanitaires.
« Dans ce contexte difficile, la priorité du gouvernement reste le retour de la paix. J’en appelle à la cohésion nationale et à la solidarité de tous les Congolais pour défendre notre patrie », a-t-elle conclu.
Malgré les épreuves, la République démocratique du Congo demeure un État respecté sur la scène internationale. Plus que jamais, l’unité nationale apparaît comme un rempart essentiel contre toute tentative de balkanisation et pour la préservation de l’intégrité territoriale.
Michel KABEYA









