Annoncée en vente depuis plusieurs années, la mine stratégique de Mutoshi, située à Kolwezi, est aujourd’hui au cœur d’une bataille géopolitique féroce opposant deux mastodontes mondiaux (les États-Unis et la Chine), tous deux lancés dans une course effrénée pour le contrôle des minerais critiques indispensables à la transition énergétique et à l’industrie de demain.
Cette lutte d’influence, loin de s’essouffler, s’intensifie à mesure que les appétits des grandes puissances deviennent de plus en plus voraces, souvent au détriment des pays producteurs. La République démocratique du Congo, pourtant détentrice de ressources inestimables, semble une fois de plus cantonnée au rôle de simple spectatrice de son propre sous-sol.
Selon le média Congo Virtuel, dans un article publié le 17 janvier 2026 citant une source proche du dossier, la Gécamines envisagerait de racheter Chemaf pour la somme dérisoire d’un million de dollars américains, avant de transférer la majorité des parts à des investisseurs américains. Au-delà du rachat lui-même, c’est bien le projet de transfert massif des actions qui suscite une profonde inquiétude.
Si cette information venait à être confirmée, elle illustrerait de manière brutale ce que beaucoup qualifient déjà de vision erratique et dangereuse du gouvernement congolais en matière de gestion des ressources minières c’est-à-dire, éder l’essentiel des richesses nationales aux puissances étrangères et se contenter des miettes, tout en hypothéquant l’avenir des générations futures.
Cette situation pose une question fondamentale. À quoi sert encore la Gécamines, entreprise stratégique du portefeuille de l’État, si elle est incapable de mobiliser des financements, de développer une mine et d’assurer une production pour son propre compte ? Pire encore, le dossier Chemaf aurait dû constituer une opportunité historique pour la RDC de s’imposer enfin comme acteur-producteur, et non comme simple dépositaire de titres miniers gérés par d’autres. En cherchant à vendre la majorité des parts à des investisseurs étrangers, la Gécamines affiche publiquement son renoncement, acceptant de demeurer un acteur secondaire sur des ressources qui appartiennent pourtant au peuple congolais.
Face à cette dérive préoccupante, Casmia-G exprime sa colère et son indignation. « Nous appelons à une prise de conscience immédiate des dirigeants de la Gécamines ainsi qu’à un sursaut de responsabilité de l’État congolais. Les minerais de la RDC doivent être un véritable levier géopolitique, économique et social, et non une monnaie d’échange bradée au plus offrant », a fait savoir cette Organisation de la Société civile dans un communiqué.
Casmia-G interpelle également les investisseurs américains pour dire que la quête du profit ne saurait se faire au mépris de la moralité, de la loyauté et de l’éthique des affaires. Ils ont aujourd’hui l’occasion de se distinguer de leurs concurrents en optant pour des partenariats justes, transparents et équitables.
Les projets miniers à venir doivent impérativement viser l’amélioration réelle des conditions de vie des communautés locales, trop longtemps condamnées à subir l’épopée minière sans jamais en récolter les fruits. C’est pourquoi Casmia-G exhorte la RDC à ne signer que des accords profitables, non seulement aux générations actuelles, mais aussi à celles de demain.
« Nous appelons enfin les ONG, la société civile et les communautés locales à exiger des autorités politiques et de la Gécamines des contrats équilibrés, souverains et porteurs de développement durable », ajoute Casmia-G dans son communiqué.
La RDC ne peut plus se permettre de vendre son avenir au rabais. L’heure n’est plus aux compromis faibles, mais à des décisions audacieuses, patriotiques et responsables.
Ben AKILI









