C’est un tournant judiciaire majeur qui secoue la province du Kongo Central. Le Gouverneur Grâce Bilolo est désormais dans le viseur direct de la Justice congolaise. Le Procureur général près la Cour de cassation a officiellement saisi l’Assemblée provinciale à travers un réquisitoire aux fins d’autorisation d’instruction judiciaire, marquant une étape décisive dans la lutte contre l’impunité au sommet de l’État provincial.
Dans ce document d’une gravité exceptionnelle, signé par Joseph Nsabua Kapuku Mulami, Premier avocat général près la Cour de cassation, le ministère public sollicite le feu vert des députés provinciaux afin d’engager des poursuites judiciaires contre le chef de l’exécutif provincial, soupçonné de graves faits de malversations financières.
Des accusations lourdes et chiffrées
Le réquisitoire dresse un tableau accablant de la gestion financière de la province. Il évoque notamment : lee non-versement des recettes d’impôts et taxes provinciales d’intérêt commun, évaluées à 24 928 597 FC ; un détournement présumé de 137 417,04 USD, indûment transférés à l’Assemblée provinciale ; 440 689 USD destinés à l’acquisition de véhicules pour les députés provinciaux, dans des conditions jugées irrégulières ; 35 183 USD non affectés aux travaux d’intérêt commun, en violation des règles de gestion des fonds publics ; et 423 720 USD dus aux Entités territoriales décentralisées (ETD) de Muanda, jamais versés.
Autant de montants qui, selon le ministère public, auraient privé la population de ressources essentielles pour le développement local et le fonctionnement normal des institutions. À travers cette démarche, le Procureur général près la Cour de cassation affiche une détermination sans équivoque : celle de faire rendre des comptes, quels que soient le rang ou la fonction occupée.
Ce réquisitoire sonne comme un signal fort contre la banalisation des détournements de fonds publics et rappelle que la gestion de la chose publique ne saurait se faire en toute impunité. Désormais, la balle est dans le camp de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, appelée à se prononcer sur l’autorisation d’instruction judiciaire. Une décision attendue avec une attention soutenue par l’opinion publique, dans un contexte national où la demande de redevabilité, de transparence et de justice ne cesse de croître.
Si les faits sont établis par l’instruction, cette affaire pourrait marquer un précédent historique dans la gouvernance provinciale et renforcer la crédibilité de la Justice congolaise dans sa mission de protection des deniers publics.
Maxime MBUMBA









