Le procès du lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la troisième zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), se poursuit ce mardi 27 janvier 2026 devant la Haute Cour militaire à Kinshasa. L’audience du jour est consacrée à l’audition de plusieurs témoins clés, appelés à éclairer la Cour sur les faits reprochés à l’officier général.
Parmi les personnalités attendues figurent le lieutenant-général Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Sylvain Ekenge, ancien conseiller et porte-parole de Constant Ndima, ainsi que le général de brigade Évariste Mwehu Lumbu, ancien commandant de l’opération Sokola 2 au Sud-Kivu. Un autre officier général devrait également être entendu.
Au cours de cette audience, la Cour militaire devra en outre examiner la réponse de l’administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR) au réquisitoire de l’auditeur général des FARDC, notamment en ce qui concerne l’exploitation des téléphones du prévenu, saisis dans le cadre de l’instruction. Le général Philémon Yav Irung est soupçonné d’avoir entretenu des contacts avec l’entourage de James Kabarebe, ancien haut responsable militaire rwandais. Réaffecté depuis 2020 dans l’est du pays, il avait été nommé commandant de la troisième zone de défense, une zone stratégique couvrant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo. Son procès s’ouvre près de trois ans après son arrestation, intervenue en septembre 2022.
Surnommé le « Tigre », Philémon Yav est régulièrement cité par certaines figures politiques, dont l’ancien président Joseph Kabila, comme exemple de la prétendue marginalisation des officiers originaires de l’espace Grand Katanga sous le régime du président Félix Tshisekedi. Des accusations systématiquement rejetées par la hiérarchie militaire.
S’exprimant sur ces allégations, le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, a rappelé que « lorsqu’on entre dans l’armée, il n’existe plus de tribu », soulignant que les interpellations et arrestations d’officiers s’inscrivent strictement dans le cadre de la législation militaire en vigueur.
La suite des audiences est attendue avec attention, dans un dossier aux fortes implications sécuritaires et politiques pour l’armée congolaise.
Emmanuel KAMBA









