Alors que Glencore négocie l’entrée du consortium américain Orion CMC dans le capital de Mutanda Mining (MUMI) et de Kamoto Copper Company (KCC), la plateforme Casmia-G Asbl brise le silence. Dans un contexte où l’exploitation minière rime encore trop souvent avec misère locale et profits offshore, l’organisation interpelle les investisseurs et exige des accords miniers qui cessent d’ignorer les communautés impactées.
Dans une note officielle, Glencore RDC a confirmé avoir engagé des échanges en vue d’une cession de 40 % de ses intérêts dans Mutanda Mining (MUMI) et Kamoto Copper Company (KCC) au profit d’Orion CMC. Pour Casmia-G, cette opération illustre concrètement la mise en œuvre des accords de Washington entre la RDC et les États-Unis, signés en décembre dernier.
Casmia-G Asbl plaide pour un changement radical de paradigme. Selon l’organisation, le modèle minier actuel a montré ses limites.
« Il est temps que l’exploitation minière cesse d’être une malédiction pour les communautés riveraines. Les richesses du sous-sol doivent enfin bénéficier à ceux qui vivent sur ces terres », martèle l’ONG.
Elle appelle ainsi à des projets miniers responsables, capables de garantir : des emplois durables axés sur le transfert de compétences, la promotion de l’entrepreneuriat local, un environnement sain, et un partage équitable des bénéfices miniers.
Cette plateforme tire également la sonnette d’alarme sur une question explosive à savoir : l’activisme des exploitants miniers artisanaux sur plusieurs titres de KCC et MUMI. Ainsi pour Casmia-G, ignorer cette réalité serait une erreur stratégique majeure, porteuse de graves tensions sociales.
C’est dans ce cadre qu’au nom de la paix sociale, l’organisation exhorte le consortium Orion CMC à intégrer cette problématique au cœur de sa diligence raisonnable. Elle recommande : des alternatives économiques concrètes pour les creuseurs artisanaux, des programmes de reconversion réalistes, et l’application stricte de l’article 30, alinéa e du Code minier, en accordant une portion d’espace aux coopératives minières artisanales.
« Les creuseurs ne sont pas des intrus. Ils sont une composante essentielle des communautés autochtones et impactées. Les exclure, c’est fragiliser tout le projet minier », insiste Casmia-G.
À l’heure où la RDC s’ouvre à de nouveaux partenaires stratégiques, le pays ne peut plus se permettre des accords miniers sans âme. Casmia-G Asbl prévient qu’un projet qui exclut les communautés locales est un projet condamné à l’instabilité. Le choix est désormais clair soit la mine devient un levier de développement partagé, soit elle restera un foyer permanent de tensions sociales.
Emmanuel KAMBA
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