Le gouvernement congolais veut passer de la promesse à la transformation structurelle. Réuni en Conseil des ministres le vendredi 13 février, l’exécutif national a adopté le programme présidentiel pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, baptisé « Débout jeunes congolais », une initiative d’envergure nationale mise en place par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
D’après le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ce programme stratégique s’appuie sur 305 recommandations issues de la table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes tenue en novembre 2025. Il ambitionne de refonder en profondeur les mécanismes d’insertion professionnelle en République démocratique du Congo, avec un pilotage politique assumé au plus haut sommet de l’État.
« Débout jeunes congolais n’est pas un programme de plus. C’est un dispositif national intégré, pensé pour garantir à chaque jeune une perspective réelle d’emploi ou d’entrepreneuriat. Nous sommes dans l’action, avec des mécanismes clairs, un financement identifié et un pilotage stratégique rigoureux », peut-on retenir du compte rendu.
Le programme repose sur trois piliers fondamentaux à savoir :
- La formation professionnelle et technique ;
- L’accès à l’emploi et au travail décent ;
- La gouvernance, le pilotage stratégique et le financement durable.
Sa particularité réside dans la structuration autour de deux logigrammes complémentaires. D’abord, un parcours scolaire et académique et un parcours non scolaire, axé sur l’apprentissage des métiers. Dans les deux cas, l’objectif reste celui de déboucher impérativement sur un emploi salarié ou sur la création d’une activité entrepreneuriale viable.
Avant son déploiement effectif, la mise en œuvre sera précédée par la signature d’un « Pacte national pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes », destiné à mobiliser l’État, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile autour d’une vision commune.
Le coût du programme est estimé entre 650 millions et 1,3 milliard de dollars américains, à mobiliser sur une période de six ans. Le gouvernement assure qu’aucune nouvelle fiscalité ne sera imposée. Les ressources proviendront entre autres du budget général de l’État, d’une coalition multi-bailleurs, de mécanismes innovants, notamment la prise de participation remboursable de certains organismes publics. Cette approche traduit un engagement ferme en faveur d’une transformation durable. « Il s’agit d’un investissement stratégique dans le capital humain. Le gouvernement fait le choix de la jeunesse comme moteur de croissance pour bâtir enfin une économie où le talent congolais trouve un cadre structuré pour s’exprimer et prospérer. »
Autre innovation majeure dans ce programme présidentiel est l’institution formelle du Concours national des plans d’affaires simplifiés (CONAPAS), qui sera organisé de manière cyclique tous les trois ans dans les 182 circonscriptions électorales du pays. Le but poursuivi est de faire de chaque circonscription un espace propice à l’initiative privée et à l’auto-emploi, en détectant, finançant et accompagnant les meilleurs projets. Le premier cycle de ce concours, baptisé «CONAPAS», , sera lancé solennellement le 30 juin 2026 par le Président de la République.
En adoptant ce dossier, le Conseil des ministres pose ainsi les bases d’une politique publique à forte portée sociale et économique. Avec Débout jeunes congolais, l’exécutif national affiche sa détermination à transformer la démographie juvénile du pays en véritable levier de puissance économique.
Ben AKILI









