back to top

Programme sino-congolais : les défis logistiques freinent l’élan des travaux sur le terrain

Les entreprises engagées dans le programme sino-congolais ont exprimé leurs inquiétudes lors d’une réunion de suivi tenue jeudi 12 février 2026 dernier à l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT). Selon un communiqué officiel parvenu à la Rédaction de Surveillance.cd, l’état de délabrement de plusieurs axes routiers constitue un obstacle majeur. Cette situation complique sérieusement l’acheminement des équipements lourds vers les différents sites de construction à travers le pays.

Au-delà des problèmes de transport, les participants ont évalué la mobilisation du personnel et du matériel sur le terrain. Si tous les projets déjà lancés progressent, les experts notent des rythmes de travail inégaux. Les entrepreneurs pointent également des difficultés d’accès aux carrières pour l’extraction des matériaux de construction, un élément essentiel pour maintenir la cadence des travaux.

Un point critique concerne la gestion des exonérations fiscales pour les sous-traitants. L’Agence de pilotage, coordination et suivi des conventions (APCSC) a rappelé que le non-respect des procédures administratives freine l’importation du matériel nécessaire. Actuellement, plusieurs dossiers déposés par des entreprises congolaises sont jugés non conformes, notamment à cause d’erreurs dans les listes d’équipements déclarés, ce qui risque d’alourdir les coûts et de retarder les délais.

La réunion a rassemblé les acteurs clés du secteur, notamment la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BCAC), bras financier du programme, et l’entreprise principale SISC.SA. La présence de nombreux sous-traitants nationaux, tels que Mont Gabaon ou Léopard Construction, souligne l’importance de l’intégration des entreprises de droit congolais dans ces grands travaux depuis la signature de l’avenant de mars 2024.

Bien que la volonté de construire soit réelle, la réussite de ces infrastructures dépendra de la résolution rapide des blocages logistiques et administratifs. Les autorités et les partenaires privés doivent désormais collaborer pour fluidifier les procédures d’exonération et améliorer l’accès aux zones de travaux afin de respecter les engagements pris envers la population.

Ainsi au-delà des chiffres et des réunions techniques, le programme sino-congolais joue aujourd’hui sa crédibilité. Si les blocages persistent, ce ne sont pas seulement des machines qui resteront immobilisées, mais les espoirs de millions de Congolais en quête d’infrastructures modernes et durables.

Misenge Elumba

Sur le même sujet

Tanganyika : le député provincial Joseph Barnabé Kalonda brise le silence et interpelle le gouverneur Kitungwa sur une gestion jugée “chaotique”

La situation politique et administrative dans la province du Tanganyika prend une tournure critique. À l’initiative du député provincial Joseph Barnabé Kalonda Kantala, une...

RDC : 300 millions USD impayés, le gouvernement annonce un recouvrement forcé contre les débiteurs du FPI

La révélation fait l’effet d’une onde de choc. Devant les élus nationaux, le ministre intérimaire de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a exposé une réalité...

Assemblée nationale : motion Shabani rejetée, le député Laddy Yangotikala refuse de parler « d’échec » et maintient la pression

Le rejet de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, n’a pas entamé la détermination du député...

RDC : la Banque centrale parie sur le franc congolais et affiche une économie en croissance

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a dressé un état des lieux de la conjoncture économique nationale lors d’un briefing...

Haut-Katanga : le DG du SAEMAPE refoulé d’un site minier à Kambove par la garde présidentielle, symptôme inquiétant d’un désordre institutionnel

Un incident pour le moins troublant s’est produit à Kambove, dans la province du Haut-Katanga où l'on voit dans une vidéo relayée dans les...

RDC : la relance de la Sokimo annoncée comme levier clé pour stabiliser l’Ituri

Un vent d’espoir souffle sur le secteur minier congolais. La relance de la Société minière de Kilo-Moto (Sokimo) s’impose désormais comme une priorité stratégique...

Articles récents