Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo (RDC) refait surface. Ainsi depuis quelques jours, l’archevêque Léonard Matebwe Lambalamba, président du Rassemblement des enfants de Dieu pour la transformation du Congo, a plaidé pour la suppression de l’article 1er de la Constitution, qui consacre la laïcité du pays.
Lors d’une conférence de presse réunissant journalistes et responsables religieux, l’archevêque a expliqué la position de son organisation.
« Nous, l’Église de Dieu, avons également le droit de nous prononcer sur cette question d’envergure concernant les textes fondamentaux de notre pays. Notre démarche consiste à réclamer haut et fort la modification de l’article premier de notre Constitution. Cet article constitue un blocage dans le fonctionnement de la nation congolaise. Nous devons éradiquer la laïcité dans notre pays et remettre entre les mains de Dieu la gestion de la République démocratique du Congo. Cela doit passer par la suppression de cet article de la loi mère », a-t-il déclaré.
L’homme de Dieu a insisté sur l’importance de la souveraineté populaire dans ce processus.
« Nous disons aux acteurs politiques que nous avons l’intention de collaborer avec eux. Cependant, ils doivent comprendre que le peuple revendique sa souveraineté. Le peuple congolais se dit aujourd’hui prêt à prendre les choses en main et à organiser un référendum pour permettre à l’ensemble des compatriotes de décider de l’avenir de la RDC », a-t-il martelé.
Au-delà de la dimension politique, l’archevêque a souligné la portée spirituelle de sa démarche.
« Au cours de ce point de presse, nous invitons les hommes de Dieu à préparer le Congo, c’est-à-dire son peuple, à assumer une responsabilité spirituelle mondiale. Il n’y a pas de Bible sans l’Afrique. Si l’Afrique est le berceau de l’humanité, la nation congolaise en est le poumon. Les Congolais doivent en prendre conscience et se préparer à jouer un rôle central dans la spiritualité mondiale », a-t-il ajouté.
Pour Léonard Matebwe Lambalamba, cette vision ambitieuse repose sur une collaboration entre le peuple et les acteurs politiques, le tout sous le prisme de ce qu’il considère comme la volonté divine pour la RDC. Si une révision constitutionnelle lui semble inévitable, il insiste sur le rôle central du peuple dans la décision finale.
Michel KABEYA









