Le géant brassicole néerlandais Heineken a décidé de se retirer de la République démocratique du Congo, marquant ainsi la fin de plusieurs décennies de présence dans le pays. L’entreprise a cédé sa participation majoritaire dans Bralima à Elna Holdings, selon une information relayée par l’Agence néerlandaise de presse et reprise par des médias belges.
Présent en RDC depuis des décennies et devenu actionnaire majoritaire de Bralima en 1987, Heineken amorce ici un désengagement stratégique qui s’inscrit dans une politique plus large de recentrage de ses activités à l’international. Malgré ce retrait, le groupe entend maintenir une présence commerciale indirecte dans le pays.
« Heineken a précisé avoir vendu sa participation à Elna Holdings. La transaction s’inscrit dans la stratégie du groupe de se défaire d’une série de brasseries dans différents pays. Heineken continuera toutefois à vendre ses marques de bière en RDC par le biais d’un accord de licence », indique la dépêche de l’agence néerlandaise.
Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC, où les activités industrielles sont fortement perturbées. Les sites de production situés à Bukavu et Goma ne sont plus sous le contrôle du groupe depuis juin 2025, une situation qui illustre les défis croissants auxquels sont confrontées les entreprises opérant dans la région.
« La cession de Bralima intervient dans un contexte de troubles dans l’est de la RDC, où Heineken a perdu le contrôle de ses sites de Bukavu et de Goma en juin 2025, au profit du groupe armé M23/AFC soutenu par l’armée rwandaise, ce qui a considérablement affecté ses opérations et sa capacité à maintenir ses activités dans des conditions normales », souligne la même source.
Le retrait de Heineken pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie locale, notamment en termes d’emplois et de production industrielle. Il soulève également des interrogations sur l’attractivité du climat des affaires dans un pays où l’instabilité sécuritaire continue de peser lourdement sur les investissements étrangers.
Maxime MBUMBA









