Un an après l’occupation de la ville de Goma par la coalition rebelle de l’AFC/M23 soutenue par des éléments liés au RDF, le constat est accablant, presque irréel. L’aéroport international, autrefois vitrine stratégique et économique de la région, n’est plus qu’une carcasse abandonnée à la merci de la nature et de l’indifférence imposée par la guerre.
Là où autrefois résonnaient les moteurs des avions et l’effervescence des voyageurs, s’étend désormais une végétation sauvage, envahissante, comme un cri silencieux de l’abandon. Les herbes hautes ont remplacé les pistes entretenues, les infrastructures se dégradent à vue d’œil, et le symbole d’ouverture sur le monde s’est mué en emblème de l’isolement forcé.
Pour les habitants de Goma, cette transformation n’est pas qu’un simple signe de dégradation matérielle : elle incarne une humiliation profonde, une blessure collective. La colère gronde dans les quartiers, nourrie par un sentiment d’abandon et d’injustice. Comment une infrastructure aussi vitale a-t-elle pu être laissée à l’abandon sous le regard impuissant d’une population prise au piège ?
Les appels à la réouverture de l’aéroport se multiplient. Les Nations unies et la France insistent sur son rôle crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire. Sans cet accès, des milliers de civils restent coupés des secours essentiels, aggravant une crise déjà dramatique. Mais sur le terrain, rien ne bouge. L’urgence humanitaire se heurte à une réalité sécuritaire paralysante.

Pendant ce temps, la présence persistante des rebelles continue d’alimenter un climat de peur et de frustration. Les habitants dénoncent une occupation qui étouffe leur quotidien, bloque l’économie locale et prive toute une région de perspectives. L’aéroport de Goma, autrefois symbole de connexion et d’espoir, est devenu le reflet brutal d’un territoire sous contrainte.
Ce silence imposé, cette inaction prolongée, interrogent et révoltent. Car derrière les herbes folles qui recouvrent les pistes, c’est tout un peuple qui refuse de se résigner. Goma ne veut pas devenir une ville oubliée. Et son aéroport, aujourd’hui fantôme, reste le symbole d’un combat pour la dignité, la souveraineté et le retour à la vie.
Patient MUKUNA









