La plateforme des organisations de la société civile Casmia-G Asbl affiche une position ferme et engagée face à la gestion chaotique du secteur minier en République démocratique du Congo. À la suite de la tournée du Ministre national des Mines dans les provinces de l’Ituri, du Bas-Uele et du Maniema, l’organisation salue une initiative qu’elle juge importante, mais encore insuffisante face à l’ampleur du problème.
Dans sa dépêche d’information publiée ce lundi 27 avril, Casmia-G reconnaît les efforts du Ministre, notamment la fermeture des activités illégales d’exploitation de l’or en Ituri. Une mesure jugée salutaire, à condition qu’elle ne soit pas temporaire mais qu’elle s’inscrive dans une démarche durable visant à rétablir pleinement l’autorité de l’État dans ces zones riches en ressources naturelles.
Cependant, l’organisation ne cache pas ses inquiétudes. Elle s’interroge ouvertement sur le rôle des ministres provinciaux des Mines, dont l’efficacité semble remise en question. Pour Casmia-G, il est préoccupant de constater qu’il faille systématiquement attendre l’intervention du pouvoir central pour tenter de rétablir l’ordre dans un secteur aussi stratégique.
Plus alarmant encore, l’organisation dénonce l’infiltration d’exploitants étrangers opérant sans titre ni autorisation, souvent équipés de machines lourdes leur permettant d’extraire massivement des minerais en toute impunité. Une situation qui, selon elle, traduit soit une défaillance grave des services de contrôle, soit une complicité manifeste.
Casmia-G pointe également du doigt le désordre généralisé qui caractérise l’exploitation artisanale de l’or. Corruption, trafic d’influence, blanchiment d’argent et contrebande y sont devenus monnaie courante, donnant l’image d’un secteur abandonné à lui-même, comparable à un « Far West » où règne la loi du plus fort.
Les conséquences sont lourdes : pertes financières colossales pour l’État, destruction de l’environnement, absence de projets de développement durable et marginalisation des communautés locales. Pendant ce temps, des tonnes d’or continuent de quitter illicitement le territoire national, enrichissant des réseaux informels au détriment du pays.
Face à ce constat, Casmia-G appelle à un assainissement en profondeur du secteur minier. L’organisation insiste sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle rigoureux, de sanctionner les responsables impliqués et de garantir que l’exploitation des ressources bénéficie réellement à l’État et aux populations locales.
Enfin, cette plateforme demande l’extension des mesures de fermeture des activités illégales à d’autres territoires fortement touchés, notamment Kambove, Manono, Kapanga, Dilolo et Nyunzu. Pour l’organisation, seule une action cohérente, ferme et généralisée permettra de mettre fin à la prédation et de restaurer la souveraineté économique du pays sur ses ressources naturelles.
Par cette prise de position, Casmia-G confirme son rôle d’acteur engagé de la société civile, déterminé à faire entendre sa voix pour une gestion responsable et transparente des richesses minières de la RDC.
Ben AKILI









