La Régie des Voies Aériennes (RVA) est au cœur d’une nouvelle controverse sur sa gouvernance. Auditionné le 30 avril 2026 par la commission Économique, financière et de la bonne gouvernance (ÉCOFIN-BG) du Sénat, le président du Conseil d’administration, Tryphon Kin-kiey Mulumba, a dénoncé des blocages persistants au sein de la Direction générale, accusés de freiner l’exécution de plusieurs décisions stratégiques adoptées depuis près de trois ans.
Parmi les dossiers épinglés figure le contrat conclu avec la société britannique Westminster Group pour le renforcement de la sécurité aéroportuaire. Selon le PCA, cet accord n’a jamais été mis en œuvre, retardant notamment des investissements attendus à l’aéroport de Goma et compromettant le processus de certification d’une cinquantaine d’aéroports et d’aérodromes du pays aux normes de l’OACI.
Sur le plan financier, la situation est tout aussi préoccupante. La RVA cumule près de 156 millions de dollars américains de créances non recouvrées, privant l’entreprise de ressources essentielles à son fonctionnement et à ses projets de développement.
Le président du Conseil d’administration a également révélé que plusieurs projets financés restent à l’arrêt, notamment la construction du nouveau siège de la Direction générale, malgré près de 3 millions de dollars déjà engagés, ainsi que le futur centre médical de la RVA, pour lequel plus de 816 000 dollars ont été décaissés sans avancée visible.
À cela s’ajoute le gel d’un crédit de 30 millions de dollars destiné au paiement des indemnités des retraités et à l’assistance des familles des agents décédés, laissant en suspens des centaines de dossiers sociaux.
Ces révélations relancent le débat sur la gouvernance des entreprises publiques en RDC. Dans un secteur aussi stratégique que l’aviation civile, les dysfonctionnements dénoncés pourraient avoir des répercussions importantes sur la sécurité aérienne, le désenclavement des provinces et l’attractivité économique du pays.
G. ELUMBA









