La séance consacrée à l’examen du projet de loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo s’est déroulée, ce mardi, en l’absence des sénateurs de l’opposition. Ces derniers ont quitté l’hémicycle en signe de protestation et de solidarité avec leurs collègues de l’opposition ayant manifesté vendredi dernier contre ce qu’ils considèrent comme une tentative de remise en cause de la Constitution.
À travers une déclaration politique lue par le sénateur Norbert Nawej Yav, l’opposition sénatoriale a exprimé son rejet catégorique du texte en cours d’adoption au Sénat, estimant qu’il ouvre la voie à une révision des dispositions constitutionnelles jugées intangibles.
« Nous, opposition sénatoriale, rejetons l’adoption par la majorité parlementaire du projet de loi portant organisation d’un référendum ainsi que toute initiative susceptible de conduire directement ou indirectement à la remise en cause des dispositions intangibles des articles 218, 219 et 220 de notre chère Constitution », a déclaré le sénateur Norbert Nawej Yav.
Les élus de l’opposition dénoncent également ce qu’ils qualifient de stratégie de diversion face aux défis majeurs auxquels le pays est confronté, notamment l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC.
« Nous dénonçons toute intention comme tentative de détourner l’attention du peuple congolais des véritables urgences nationales qui sont le rétablissement de l’autorité de l’État par la fin de la guerre qui déchire la partie Est de la République », a poursuivi le sénateur. Dans leur déclaration, les sénateurs de l’opposition mettent en garde contre toute démarche politique susceptible, selon eux, d’accentuer les divisions au sein du pays.
« Nous alertons l’opinion nationale et internationale sur le caractère inconstitutionnel du projet de loi sur les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo en cours d’adoption au Sénat par la majorité parlementaire », a insisté Norbert Nawej Yav.
L’opposition sénatoriale a, par ailleurs, exhorté le gouvernement à concentrer ses efforts sur la reconquête des territoires occupés, la sécurisation des populations et le rétablissement effectif de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national. Enfin, elle a appelé le président de la République à privilégier la voie du dialogue politique.
« Nous demandons au président de la République de prendre en compte la démarche du dialogue national et inclusif dans les pourparlers qui doivent regrouper la classe politique congolaise », a conclu le sénateur Norbert Nawej Yav.
Cette sortie spectaculaire de l’opposition intervient dans un contexte de fortes tensions autour du débat sur le référendum, un dossier qui continue d’alimenter les divergences entre la majorité au pouvoir et ses adversaires politiques.
Pour rappel, le Sénat a adopté ce lundi en deuxième lecture la proposition de loi du député Ngondankoy fixant les conditions d’organisation du référendum constitutionnel. Le texte a été voté en des termes non identiques à ceux retenus par l’Assemblée nationale, la chambre haute ayant introduit une modification de fond sur la composition de l’assemblée constituante appelée à rédiger la nouvelle constitution.
Patient MUKUNA









