La création de 33 Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) dans la province du Lualaba marque une avancée majeure dans la réforme du secteur minier artisanal en République démocratique du Congo. C’est la position exprimée par la plateforme des organisations de la société civile, Comprendre et Agir dans le Secteur Minier : Industriel, Artisanal et la Bonne Gouvernance (Casmia-G), qui félicite le ministre national des Mines pour avoir concrétisé sa promesse d’offrir aux exploitants artisanaux des espaces dédiés à leurs activités.
Selon cette organisation de la société civile spécialisée dans les questions minières, cette décision constitue un tournant important dans la gestion du secteur artisanal et devrait contribuer à réduire les conflits récurrents entre les creuseurs artisanaux et les entreprises minières industrielles.
« Nous félicitons le ministre national des Mines pour avoir tenu sa promesse d’octroyer aux exploitants miniers artisanaux du Lualaba des espaces appropriés à leurs activités. Cette action marque le début de la rupture avec les actes d’intrusion fréquemment dénoncés par les entreprises minières. Ces espaces ont fait l’objet d’études géologiques concluantes démontrant leur exploitabilité et leur potentiel économique au bénéfice des coopératives minières », souligne Casmia-G dans sa note d’information.
L’organisation estime également que cette mesure ouvre des perspectives importantes pour l’assainissement de la chaîne d’approvisionnement en minerais stratégiques, notamment le cobalt. Pour Casmia-G, la mise à disposition de ces zones pourrait favoriser l’émergence de circuits légaux d’approvisionnement et renforcer les ambitions de l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) dans l’encadrement du cobalt artisanal.
Toutefois, l’organisation attire l’attention des autorités sur la nécessité d’étendre cette dynamique au secteur aurifère, particulièrement confronté à de nombreux défis dans plusieurs territoires de la province.
« Le secteur minier de l’or doit également être pris en compte parmi les ZEA nouvellement créées. À défaut, nous exhortons l’autorité nationale des Mines à créer des zones propres à l’activité artisanale de l’or afin de réformer un secteur qui reste confronté à des pratiques inacceptables, entre autres : mauvaises conditions de travail des artisans, faibles revenus, corruption à grande échelle, trafic d’influence, contrebande, fraude minière et dégradation de l’environnement », insiste l’organisation.
Casmia-G dénonce notamment la présence d’opérateurs étrangers dans certaines zones aurifères des territoires de Dilolo, Sandoa et Kapanga, où des activités d’extraction seraient menées de manière intensive au détriment des recettes publiques et des communautés locales.

Au-delà de la création des ZEA, l’organisation rappelle que la réforme du secteur artisanal demeure un processus permanent impliquant l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement. Elle souligne les enjeux économiques, sociaux et environnementaux liés à chaque tonne de minerai extraite, appelant à une exploitation responsable et durable des ressources naturelles.
Casmia-G invite par ailleurs, toutes les parties prenantes à accélérer les efforts pour rendre opérationnelles et viables les nouvelles Zones d’Exploitation Artisanale dans les meilleurs délais, afin que les communautés locales puissent rapidement bénéficier des retombées de cette réforme attendue depuis plusieurs années.
Avec la création de ces 33 ZEA, le gouvernement franchit une étape significative dans l’organisation de l’exploitation artisanale au Lualaba. Reste désormais à transformer cette avancée réglementaire en opportunité économique durable pour les milliers de creuseurs qui attendent de voir les promesses de la réforme se concrétiser sur le terrain.
Ben AKILI









