La gouvernance du secteur minier congolais, ses opportunités économiques et ses enjeux de transformation structurelle ont été au cœur d’un café géoscientifique organisé à l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Chercheurs, étudiants, experts et acteurs de la société civile ont échangé sur la nécessité de faire du secteur minier un véritable levier de développement durable et de stabilité.
Dans un contexte mondial marqué par la forte demande en minerais stratégiques liés à la transition énergétique, les intervenants ont insisté sur l’urgence pour la République démocratique du Congo de repenser son modèle d’exploitation afin d’en maximiser les retombées économiques et sociales.
Intervenant lors des échanges, le directeur exécutif de l’ONG La Sentinelle des ressources naturelles, Jean-Pierre Okenda, a rappelé la place centrale du secteur minier dans l’avenir économique du pays.
« Le secteur minier est actuellement perçu comme un catalyseur. Ce n’est pas une finalité en soi. C’est un véhicule qui doit transporter le Congo vers quelque part. Les opportunités sont évidentes parce que la demande est là et que la RDC va jouer un rôle prépondérant dans la chaîne d’approvisionnement des minerais stratégiques », a-t-il déclaré.

L’expert a également insisté sur la nécessité d’une meilleure organisation de l’État congolais pour éviter une dépendance excessive aux seules recettes fiscales.
« Le Congo doit s’organiser. Si nous continuons avec un modèle d’exploitation où le pays ne dépend que des taxes, cela signifie que nous ne sommes pas suffisamment organisés. L’opportunité créée par la demande mondiale en minerais stratégiques doit pousser le Congo à adopter des politiques et des stratégies permettant la transformation locale, la création de valeur ajoutée, de croissance et d’emplois afin que le secteur minier profite réellement à l’économie nationale », a-t-il ajouté.
De son côté, la journaliste spécialisée dans les questions minières, Flore Kayala, a souligné l’importance stratégique du secteur dans l’économie nationale et la nécessité d’une meilleure appropriation par la jeunesse.
« C’est un secteur qui génère beaucoup des capitaux en RDC. C’est aussi le secteur d’ailleurs poumon de l’économie de la RDC », a-t-elle indiqué.

Elle a également déploré le déficit de connaissances des jeunes sur les enjeux miniers, y compris dans les zones d’exploitation.
« On s’est rendu compte que quand bien même que ces jeunes vivent dans les zones minières, mais ils n’ont pas d’information sur les secteurs miniers », a-t-elle relevé.
Les participants ont, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’intégrer les questions minières dans les programmes académiques, de renforcer la gouvernance et de promouvoir une exploitation plus transparente afin de transformer les ressources naturelles en véritable moteur de paix et de développement.
Dans un pays où la richesse du sous-sol contraste encore avec la pauvreté persistante, les conclusions de cette rencontre rappellent un impératif : faire du secteur minier non plus seulement une promesse, mais un levier concret de transformation nationale.
Ben AKILI









