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RDC : l’EGC accélère la formalisation du cobalt artisanal pour récupérer jusqu’à un milliard de dollars de recettes perdues

L’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), société publique chargée de l’encadrement et de la commercialisation du cobalt issu de l’exploitation artisanale en République démocratique du Congo, intensifie son programme de formalisation du secteur afin de renforcer le contrôle de l’État sur une filière stratégique et de réduire les pertes liées à la contrebande minière.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la restructuration du secteur du cobalt artisanal, qui représente une part significative de la production nationale. L’EGC déploie progressivement un modèle fondé sur la création de zones d’exploitation artisanale formalisées, appelées « carrés miniers viabilisés », où les coopératives agréées opèrent sous la supervision technique des autorités publiques.

Selon les orientations techniques de l’entreprise, « ce cadre impose le respect strict des normes internationales de sécurité industrielle, de traçabilité environnementale et de gouvernance éthique pour éradiquer l’exploitation clandestine ».

D’après les statistiques du ministère des Mines, près de trois millions de mineurs artisanaux exercent leurs activités à travers le pays. Parmi eux, entre 1,5 et 2 millions de creuseurs sont directement impliqués dans l’exploitation du cobalt. Cette main-d’œuvre contribue entre 15 % et 30 % de la production nationale, confirmant le rôle central de la RDC dans l’approvisionnement mondial en minerais critiques destinés notamment aux batteries et aux technologies de la transition énergétique.

Malgré son importance économique, le secteur artisanal demeure largement affecté par l’informalité et les circuits de commercialisation illicites. Le gouvernement estime que la fraude et les exportations non déclarées entraînent des pertes substantielles pour les finances publiques.

« Le manque à gagner est colossal ; la contrebande minière et les exportations frauduleuses non déclarées privent le Trésor public d’environ 1 milliard de dollars de recettes fiscales chaque année, tout en ternissant la réputation de nos minerais à l’international », indiquent les autorités dans leurs rapports budgétaires récents.

Pour concrétiser sa stratégie, l’EGC a conclu un accord opérationnel avec le groupe minier Eurasian Resources Group (ERG). Ce partenariat permet à l’entreprise publique d’exercer des droits exclusifs sur une partie d’une concession située dans la province du Lualaba, où est actuellement expérimenté le modèle de formalisation du cobalt artisanal.

Au-delà des enjeux économiques, le projet vise à améliorer les conditions de travail des exploitants artisanaux, à lutter contre le travail des enfants et à renforcer la transparence de la chaîne d’approvisionnement.

L’EGC souligne à cet effet que « chaque gramme de cobalt extrait de ces zones pilotes doit être rigoureusement tracé, par un système d’étiquetage inaltérable, depuis le puits de production jusqu’à son point final d’exportation ».

La création de zones officiellement dédiées à l’exploitation artisanale devrait également contribuer à réduire les conflits récurrents entre creuseurs et sociétés minières industrielles. Les intrusions dans les concessions privées constituent depuis plusieurs années une source de tensions sécuritaires et de pertes économiques pour les opérateurs du secteur.

Pour Eric Kalala, directeur général de l’EGC, la formalisation constitue une réponse durable à ces défis.

« La formalisation est la seule alternative viable aux crises sécuritaires. Plutôt que de chercher à exclure systématiquement les mineurs artisanaux par la force, notre approche consiste à leur offrir un statut légal protecteur et des espaces sécurisés pour travailler dignement », a-t-il déclaré.

Forte des premiers résultats enregistrés sur le site pilote, l’entreprise publique entend étendre son modèle à d’autres zones minières du pays. Des discussions sont en cours avec plusieurs opérateurs, dont Chengtun Congo Resources et Virtus Minerals, en vue de mettre à disposition de nouvelles superficies destinées aux coopératives artisanales.

Pour de nombreux observateurs, cette démarche pourrait devenir un modèle de partenariat entre l’État, les investisseurs industriels et les communautés locales. Dans un contexte marqué par une forte demande mondiale en cobalt, portée notamment par l’industrie des véhicules électriques, l’EGC considère que la formalisation du secteur représente un enjeu stratégique majeur.

Dans ses conclusions, l’entreprise rappelle que « la formalisation du cobalt artisanal n’est plus une simple option sociale, mais un enjeu de souveraineté économique et stratégique pour maintenir le leadership mondial de la RDC ».

G. ELUMBA

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