Le gouvernement provincial de Kinshasa a officiellement refusé d’autoriser le sit-in que prévoyait d’organiser une partie de l’opposition congolaise ce vendredi 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple. Pour motiver sa décision, l’exécutif urbain a invoqué des impératifs de préservation de l’ordre public dans la capitale. Afin de permettre aux manifestants d’exercer leur droit d’expression, l’autorité urbaine a proposé le terrain Assosa, situé dans la commune de Kasa-Vubu, comme site alternatif pour la tenue de cette activité politique.
Cette mesure de restriction a été formellement actée à l’issue d’une réunion technique stratégique présidée jeudi 11 juin par le gouverneur de la ville de Kinshasa. Les échanges ont réuni, autour d’une même table, les membres du gouvernement provincial, les hauts responsables des services de sécurité ainsi que les délégués des partis de l’opposition concernés par l’appel à la manifestation.
Pour justifier l’interdiction d’accès au périmètre initialement choisi, le gouvernement provincial de Kinshasa a mis en avant le statut spécifique du siège du Parlement. Dans son communiqué officiel consulté par notre rédaction, l’autorité urbaine a souligné le caractère strictement inviolable de la zone du Palais du Peuple, coupant ainsi court aux intentions des organisateurs de s’y rassembler.
Malgré l’interdiction prononcée par le gouverneur de Kinshasa, la coalition de l’opposition reste déterminée à organiser son sit-in de protestation au Palais duPeuple. Les organisateurs affirment maintenir cette mobilisation citoyenne, tout en mettant en garde contre toute tentative de perturbation de l’ordre public dont ils rejettent la responsabilité sur les auteurs et commanditaires d’éventuels incidents.
Prenant la parole au nom de la coalition, le professeur Devos Kitoko, secrétaire général de l’ECID, parti de l’opposant Martin Fayulu, a confirmé la tenue de la manifestation. Selon lui, les militants des partis membres ainsi que la population kinoise étaient appelés à se rassembler devant le Palais du peuple pour protester contre le projet de révision constitutionnelle.
« Nous sommes dans un régime d’information et non d’autorisation. La loi est de notre côté et nous pensons que rien ne peut empêcher la tenue de cette activité citoyenne et patriotique », a-t-il déclaré.
L’opposition estime que cette initiative vise à dénoncer ce qu’elle considère comme un « projet de changement de la Constitution » susceptible, selon elle, de fragiliser davantage l’unité nationale.
Devos Kitoko a également fustigé ce qu’il qualifie de « politique de deux poids, deux mesures ». Il a rappelé que des formations proches du pouvoir avaient déjà organisé des rassemblements au Palais du peuple sans être inquiétées par les autorités.
« Nous sommes des citoyens congolais et nous avons le droit d’être traités de la même manière que tout le monde », a-t-il insisté.
G. Elumba









