Soixante-cinq ans après sa création, la Minière de Bakwanga (MIBA) tente de tourner la page de ses années de turbulences pour renouer avec son prestigieux passé. Réunis en forum, experts, anciens dirigeants et acteurs du secteur minier ont planché sur les défis et les perspectives de relance de cette entreprise qui fut longtemps le fleuron économique du Grand Kasaï.
Au cœur des échanges : comment redonner vie à une société que beaucoup considèrent aujourd’hui comme une entreprise en faillite non déclarée, mais dont le potentiel demeure intact.
Face aux participants, le directeur général de la MIBA, André Kabanda Kana, a dressé un état des lieux sans complaisance de l’entreprise. Tout en reconnaissant l’ampleur des difficultés accumulées au fil des années, il s’est montré optimiste quant aux perspectives qui se dessinent.
« Nous avons connu des moments extrêmement difficiles, mais nous constatons aujourd’hui que la question de la relance de la MIBA revient dans l’agenda des investisseurs. C’est un signal encourageant qui nous oblige à préparer sérieusement l’avenir », a-t-il déclaré.
L’occasion a également permis à plusieurs figures historiques de l’entreprise de faire entendre leur voix. Ancien président du Conseil d’administration de la MIBA, Jonas Munkamba a exhorté les décideurs à dépasser le stade des discours.« Il est temps de poser des actes concrets. La MIBA a porté l’économie du Grand Kasaï pendant des décennies. Nous ne pouvons pas accepter qu’elle disparaisse. Il faut lui redonner sa place d’antan », a plaidé le patriarche.
Au fil des exposés consacrés à l’histoire, au potentiel géologique et aux pistes de redressement, les intervenants ont rappelé que la société conserve des atouts considérables. La MIBA dispose encore de 26 permis d’exploitation et de 46 permis de recherche, un patrimoine minier qui nourrit l’espoir d’une relance à condition d’engager les investissements et les réformes techniques nécessaires.
« La renaissance de la MIBA passe par une approche rigoureuse, fondée sur des choix techniques cohérents, une gouvernance renforcée et une mobilisation des partenaires capables d’accompagner sa transformation », a souligné l’un des participants au forum.
Créée il y a 65 ans, la Minière de Bakwanga reste profondément ancrée dans la mémoire collective du Grand Kasaï. Mais au-delà des hommages et de la nostalgie, c’est désormais l’heure des décisions. Car pour la MIBA, l’enjeu n’est plus de célébrer son histoire, mais d’écrire enfin les premières pages de sa renaissance.
Ben AKILI









