Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a officiellement présenté ce jeudi 11 juin 2026 devant le Sénat le projet de loi fixant les règles relatives à l’organisation, au fonctionnement et à la surveillance des marchés boursiers en République démocratique du Congo. Cette démarche marque le coup d’envoi législatif d’une réforme structurelle majeure attendue par les acteurs économiques depuis plusieurs décennies.
Devant les sénateurs, le grand argentier national a qualifié ce projet de loi de « maillon manquant » du système financier congolais. Selon le membre du gouvernement, l’absence d’une bourse des valeurs a longtemps constitué un frein à l’intégration financière du pays, limitant la diversification des outils de financement mis à la disposition des entreprises locales et de l’État.
Une première initiative en plus de 65 ans
Cette présentation constitue un tournant historique, s’agissant de la toute première initiative législative de ce type introduite en République démocratique du Congo depuis plus de 65 ans. Le ministre a rappelé l’urgence de moderniser le cadre légal national afin de l’aligner sur les standards internationaux et les mutations des marchés financiers globaux.
L’objectif principal de ce texte de loi est « de renforcer la mobilisation de l’épargne locale, d’attirer les ressources extérieures et de canaliser les capitaux vers des investissements productifs. » En créant un marché financier officiel, le gouvernement ambitionne d’offrir une alternative crédible et sécurisée aux circuits de financement traditionnels, souvent jugés insuffisants ou trop coûteux.
Le ministre des Finances a insisté sur le fait que cette architecture financière est indispensable pour soutenir durablement le développement économique de la RDC. La mise en place de ce marché boursier devrait non seulement faciliter le financement des infrastructures publiques, mais aussi stimuler la croissance des petites, moyennes et grandes entreprises congolaises.
À l’issue des débats généraux et de la présentation de l’économie générale du texte par le ministre Doudou Fwamba, le Sénat a décidé de renvoyer le projet de loi à la commission Économique, financière et de la bonne gouvernance (ECOFIN). Cette instance parlementaire est désormais chargée de mener un examen approfondi de chaque disposition de la loi.
Après cette phase d’analyse technique et d’éventuels amendements en commission, le texte sera renvoyé en plénière pour son vote définitif. Les conclusions de la commission ECOFIN détermineront la configuration finale de ce cadre juridique qui s’apprête à régir les futures transactions boursières en République démocratique du Congo.
G. Elumba









