Un incident d’une extrême gravité a secoué l’aéroport international de N’djili dans la nuit de mercredi à jeudi, l’avion transportant le président de la République a été contraint de tourner dans le ciel, faute de conditions techniques fiables pour son atterrissage. Qu’il s’agisse d’une minute, de dix ou de vingt, l’affaire est jugée inacceptable par tous, car elle met en jeu la sécurité du « commandant suprême » et symbolise la faillite des services aéroportuaires censés garantir la sûreté aérienne au plus haut niveau.
« Il y a eu un incident majeur parce que l’avion du président de la République est resté en l’air. Qu’il soit resté 10’, 15, 20 ou une minute, c’est inacceptable. Quand il s’agit de l’avion du commandant suprême, la RVA doit se mobiliser et renforcer ses moyens », a reconnu, dans un ton grave, Triphon Kin Kiey Mulumba, président du Conseil d’administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA-SA).
Conscient de l’onde de choc créée par cet événement, le PCA a immédiatement suspendu ses vacances parlementaires pour se rendre à N’djili. Sur place, il a constitué une mission d’enquête composée d’administrateurs, chargée d’examiner les causes de ce dysfonctionnement inédit.
Une inspection d’urgence, mais des explications insuffisantes
Triphon Kin Kiey Mulumba a personnellement inspecté les installations critiques : groupes électrogènes, onduleurs, inverseurs, matériel de balisage et tour de contrôle. Aux côtés des cadres aéroportuaires, il a voulu comprendre ce qui avait cédé au moment le plus crucial. Mais malgré ses explications et ses gestes d’apaisement, le constat reste accablant : la RVA n’a pas été capable d’assurer la continuité d’un service vital, exposant ainsi l’avion présidentiel et ses passagers à un risque inacceptable.
Un dysfonctionnement symptomatique d’un système en panne
Cet incident ne relève pas d’un simple accident technique. Il illustre la fragilité chronique d’un système où les infrastructures sont vétustes, les moyens limités et la rigueur absente. Si la sécurité du chef de l’État peut être ainsi compromise, qu’en est-il du citoyen ordinaire, qui embarque chaque jour dans les mêmes conditions précaires ?
La RVA est désormais au centre d’une tempête : ses excuses et promesses de redressement pèsent peu face à une opinion publique scandalisée, qui voit dans cet épisode une humiliation nationale et une alerte rouge sur l’état du transport aérien en RDC.
L’heure des responsabilités
Le PCA a promis des sanctions et un rapport complet, mais pour beaucoup, l’heure n’est plus aux discours. Les critiques réclament une réforme profonde, une modernisation urgente des installations et surtout, une culture de responsabilité au sein de la RVA. Car le survol forcé de l’avion présidentiel restera dans les mémoires comme le symbole éclatant d’une défaillance institutionnelle qui aurait pu virer au drame.
Ben AKILI









